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Troisième saison |
Une apogée précoce Même si les spectateurs en convenaient déjà à l'époque, nous pouvons constater aujourd'hui que la troisième saison des X-Files est la plus solide et la mieux écrite de la série. Elle offre un éventail d'épisodes mythologiques aux thèmes variés, elle poursuit son incursion dans l'humour et elle nous présente une galerie de personnages marquants. La conclusion d'Anasazi avait laissé les fans pantelants. Comment diable Mulder allait-il survivre à l'incendie du wagon où il s'était retrouvé enfermé? Scully allait-elle se montrer à la hauteur si elle devait hériter des X-Files? Heureusement, les scénaristes n'ont finalement pas sacrifié le héros. La troisième saison commence en trombe avec un double volet de haut calibre: The Blessing Way et Paper Clip. Mulder est sauvé de justesse par des Navajos pendant que Scully est suspendue du FBI (sans solde). Les deux agents se lancent dans une course aux indices effrénée pour sauver leur peau. Ils découvrent — sans la mettre au jour — une vaste opération d'étiquetage génétique des citoyens américains et des milliers de dossiers médicaux conservés secrètement dans une mine désaffectée. Par ailleurs, une cassette numérique contenant tous les petits secrets du MJ12 se balade et finit aux mains de Krycek, qui rompt avec l’Homme à la cigarette et le Syndicat. De son côté, Skinner se détache, du Fumeur dont il ne tolère plus les manipulations. En s'alliant avec le Navajo Albert Hosteen, il élabore un stratagème fumeux, mais efficace, qui permettra aux agents de réintégrer leurs fonctions. L'entrée en scène des membres du Syndicat constitue un des faits saillants de la saison. L'Homme à la cigarette n'est plus le seul conspirateur dans le tableau, comme on s'en doutait. Ce qui peut surprendre, par contre, c'est qu'il n'est pas le véritable chef de toutes ces opérations. Autour de lui gravitent des hommes sévères qui ne sont plus dans leur première jeunesse. Ils complotent contre le reste du monde tout en complotant les uns contre les autres. Deux figures anonymes, quoique typées, se détachent du lot: l'Homme corpulent (the First Elder) qui a des airs de Parrain, et l'Homme manucuré (the Well-Manicured Man), un Britannique aux allures d'aristocrate, qui se fait informateur à ses heures. Les épisodes mythologiques reprennent des pistes déjà amorcées précédemment: la création d'hybrides (Nisei/731), la création de clones d'apparence humaine, les enlèvements et les tests, l'écrasement de vaisseaux. Mais de nouveaux éléments sont introduits dans la trame. D'abord l'huile noire (Piper Maru/Apocrypha), une sorte d'essence vitale d'origine extraterrestre, qui prend possession des gens pour les manipuler à sa guise. Ensuite, les hybrides qui se pointent dans Talitha Cumi semblent avoir gagné de nouvelles facultés: la métamorphose et le don de guérison. L'humour se fait plus abondant en cette troisième saison. Darin Morgan poursuit sa lancée comique avec pas moins de trois épisodes farfelus et adorables: Clyde Bruckman's Final Repose, War of the Coprophages et José Chung's "From Outer Space". Dans la même veine, mais en moins réussi, Carter nous assène Syzygy, une histoire de conjonction planétaire qui pousse au meurtre. Les épisodes isolés sont généralement de qualité, bien que l'on note un nombre inhabituellement élevé d'histoires de tueurs en série aux pouvoirs divers. Dans cette même saison se profile aussi le thème du contrôle ou de la persécution psychique sous une forme ou une autre (The Walk, Oubliette, Grotesque, Pusher, Avatar, Wetwired). Scully et Skinner ont chacun un épisode qui leur est entièrement consacré. Dana subit une première crise de foi (oui, oui, elle est croyante) en croisant le chemin d'un garçon affichant les stigmates de la crucifixion dans Revelations. Quant à Skinner, nous apprenons dans Avatar qu'il est en instance de divorce (oui, oui, il est marié) et qu'un succube le tourmente, quand ce n'est pas l'Homme à la cigarette. |