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-1-Dans une forêt du Costa Rica, le Dr Robert Torrence, un entomologiste à l'emploi du Projet Biodiversification (le Biodiversity Project), s'affaire à extraire des spécimens d'insectes d'un tronc d'arbre pour les ranger dans un contenant. Ayant aperçu une bande de vautours tournoyant dans le ciel, il empoigne son sac à dos pour aller y voir de plus près. Arrivé sur les lieux du festin, il chasse les rapaces qui s'acharnent sur la carcasse d'un phacochère couverte de bestioles et de plaies. Torrence enfile des gants. En approchant son nez d'une protubérance rougeâtre, il constate qu'elle pulse comme si quelque chose cherchait à en sortir. Mal lui en prend, car aussitôt la pustule lui explose au visage. L'entomologiste crache, nettoie ses lunettes, puis s'approche de la lésion pour l'examiner de nouveau. À la nuit tombée, Torrence est malade et fiévreux. Des pustules similaires à celles du phacochère ont poussé sur sa gorge et sa figure. Malgré sa faiblesse évidente, il envoie un message de détresse par radio, en précisant qu'il s'agit d'une urgence médicale. Sept heures plus tard, alors qu'il fait jour, une troupe de militaires patrouillent dans la zone. Leur attention est attirée par des vautours. Les rapaces se sont rassemblés autour d'un nouveau cadavre, celui du Dr Torrence. -2-Au pénitencier de Cumberland, en Virginie, un garde nommé Winston se rend dans une aile très sombre, s'arrête devant la porte d'une cellule et en ouvre le battant. À l'intérieur, le prisonnier cligne des yeux, aveuglé par le mince rai de lumière. Le garde lui fait savoir qu'il a du courrier. Incrédule, le détenu qui se prénomme Bobby, lui répond qu'il ne connaît personne. «C'est peut-être les baptistes d'Annendale, blague Winston. À ce qu'il paraît, ils envoient des gâteaux aux prisonniers.» Il glisse le paquet par une ouverture servant à faire passer les plateaux des repas, puis il s'en va. Intrigué, Bobby se lève et ramasse l'emballage matelassé. L'adresse ne lui apprend rien, sinon que le colis est adressé à un certain Robert Torrence (il porte le même nom que l'entomologiste du prologue). Toute autre information a été rayée au feutre noir. Bobby extrait du paquet une patte de cochon pas très fraîche et sur laquelle pousse une pustule familière. Dégoûté, l'homme jette la chose immonde au fond de sa cellule. «Eh, Winston!, hurle-t-il. C'est quoi ce coup foireux?» Mais l'intéressé est déjà loin. Un laps de temps indéfini s'écoule. Bobby s'éveille en entendant quelque chose grouiller. La pustule sur la patte de cochon commence à enfler. Cette fois, le prisonnier a la trouille. -3-Dans ce qui paraît être une salle de chirurgie, deux médecins vêtus de combinaisons protectrices blanches se penchent sur l'infortuné Bobby. Fiévreux et les yeux injectés de sang, le malade a des pustules au visage et au cou. Le plus petit des deux médecins, le Dr Osborne, demande quand il a été exposé. «Il y a dix-huit heures», répond son patibulaire collègue, un dénommé Auerbach. Osborne est sidéré par la rapidité de la progression. Le prisonnier geint, il veut voir le médecin de la prison. «Nous sommes des spécialistes», lui assure Auerbach, sur un ton indifférent. Ailleurs dans l'établissement, deux détenus nommés Paul et Steve poussent un chariot dans la cellule maintenant déserte de Bobby. Un garde les accompagne. Il ordonne aux deux gaillards de ramasser toute la literie, y compris les oreillers. Puis, il décampe en promettant de repasser dans cinq minutes. Paul, un blond aux cheveux longs, note que le garde était bien pressé de vider les lieux. Steve constate qu'il n'y a plus personne dans le bloc. C'est parce que tout le monde est à l'infirmerie, explique son compagnon. On commence même à manquer de place. Une maladie contagieuse? Possible. Paul sait que les draps vont à l'incinérateur plutôt qu'à la lessive. «Mais il y aura quand même la camionnette du blanchisseur», dit Steve, qui y voit tout de suite une perspective d'évasion. -4-Les agents Mulder et Scully arrivent au pénitencier. On les a mis sur l'affaire des détenus Paul et Steve qui ont réussi à s'évader, même si ce n'est pas du tout leur rayon. Les prisonniers recherchés purgeaient tous les deux une sentence à vie pour meurtre. Un soldat armé d'un automatique les fait entrer dans le périmètre. Par la fenêtre d'une porte verrouillée, Mulder et Scully aperçoivent des hommes «habillés en cosmonautes» qui poussent une civière plastifiée. (En anglais, Scully observe que ça ressemble à une opération de décontamination, ou «decon situation», ce que la traduction française rend par: «C'est curieux, on dirait ces militaires qui travaillent en milieu hostile», comme si l'on avait confondu decon et recon.) Survient le marshall Tapia accompagné de quelques armoires à glace en uniforme. «Le FBI n'a pas de politiciens véreux à épingler?», tonne-t-il. Scully explique qu'ils ont reçu l'ordre de coopérer avec les autorités afin de capturer les fuyards. Tapia n'a pas l'air convaincu. Les agents n'ayant jamais participé à ce genre d'opérations, ils feraient mieux de rester en dehors de tout ça. Mulder aimerait savoir pourquoi on les a appelés si le marshall n'a pas besoin d'un coup de main. Tapia l'ignore, car l'établissement est passé sous le contrôle de la Garde nationale. Une fois le marshall sorti, Mulder demande à Scully qui les a assignés à cette affaire. «Le bureau de Skinner gère l'affaire», répond-elle. Mais comme le FBI ne s'occupe pas de ce type d'enquête en temps normal, il est probable qu'on leur cache quelque chose. Mulder charge Scully d'en apprendre plus sur l'opération de décontamination. Pendant ce temps, il ira rejoindre le marshall et ses hommes. Dans un relais routier à quelque distance du pénitencier, une roulotte de camping s'arrête et une famille de vacanciers en sort. Deux gamines accompagnent leur mère aux toilettes des dames pendant que le père se dirige seul vers celles des hommes. Il pousse la porte et entre. La caméra nous montre les pieds de Paul qui se posent sans bruit au sol: le fugitif se cachait dans une cabine, debout sur la cuvette de manière à ne pas être vu. Quelques instants plus tard, la roulotte de camping démarre sur les chapeaux de roue, juste au moment où l'épouse sort des toilettes avec les deux fillettes. Elle ne comprend pas tout de suite qu'on est en train de voler son véhicule. «Robert? Robert?», appelle-t-elle en vain. -5-Au pénitencier, Scully essaie d'entrer dans la zone contaminée. Le Dr Osborne refuse d'abord de lui ouvrir la porte, mais à travers la vitre, il lui dit tout de même qu'il travaille pour la CDC (Center for Disease Control, ou Centre pour le contrôle des maladies). Quand il fait mine de s'en aller, elle crie: «Je suis docteur en médecine, je veux savoir ce qui se passe!» Elle menace d'aller tout raconter tout à Washington. Osborne s'avoue vaincu et peut-être un peu soulagé. Il déverrouille la porte pour laisser entrer Scully. «Je dois obéir à des ordres stricts, dit-il, penaud. Tout ce que je peux vous dire c'est qu'une infection du genre grippal s'est répandue parmi les prisonniers.» Quatorze ont été infectés et dix d'entre eux sont décédés. Scully demande si les deux évadés sont aussi contaminés. L'expression d'Osborne est très révélatrice: c'est possible, en effet. Le marshall et ses hommes ont investi le relais routier. Mulder arrive à son tour et passe devant la mère de famille éplorée. Son cellulaire sonne, c'est Scully. Elle lui apprend qu'une contagion mortelle fait des ravages dans la population carcérale. «D'après les informations que j'ai pu obtenir, environ trente-six heures après l'infection, c'est terminé.» En se dirigeant vers les toilettes des hommes où s'affairent des policiers, Mulder demande à sa partenaire si les évadés sont infectés. Celle-ci évoque la possibilité qu'ils le soient, mais on ne sait pas encore à quel point ils ont pu être exposés à la maladie, ni comment elle se propage. Il est donc difficile d'estimer quel danger ils posent. «Je crois que ces gars-là sont dangereux de toute façon», laisse tomber Mulder devant le cadavre du père de famille qui gît sur le plancher. Sa conversation terminée, Scully est rejointe par Auerbach et Osborne. Le premier a l'air tout spécialement contrarié par la présence de l'agent. «Je me fiche de savoir qui vous êtes ou qui vous envoie, je veux que vous disparaissiez.» Scully exige des réponses. «Vous êtes en infraction avec les statuts fédéraux», prétend l'homme. Scully plaide qu'elle travaille elle aussi pour le gouvernement. Elle doit savoir si les évadés sont contaminés, mais Auerbach lui déclare que l'information n'est pas disponible. Scully insiste pour voir les dossiers et accéder à l'infirmerie. «Vous verrez ce que je vous laisserai regarder», tranche son interlocuteur. À ses côtés, Osborne a l'air de vouloir rentrer sous terre. Les deux hommes partis, Scully aperçoit une porte qui l'intéresse. Juste à côté se trouve une table roulante équipée de matériel médical. Elle se munit d'un masque et de gants. -6-Il fait maintenant nuit et la roulotte volée s'est arrêtée à une station-service. Le bec d'une pompe à essence est accroché au réservoir. Derrière son comptoir, le jeune pompiste, Angelo Garza, est intrigué de ne voir personne autour du gros véhicule. Hors de vue dans une cabine téléphonique, Paul a appelé Elizabeth, son amie de cœur. «Je suis libre, ma puce!», lui annonce-t-il. À l'autre bout de la ligne, Elizabeth est heureuse de l'entendre, mais n'ose pas trop y croire. De son côté, Angelo décide d'aller voir de plus près la roulotte déserte qui a décidément quelque chose de suspect. Il sort, s'en approche et appelle, mais personne ne répond. Il va voir aux toilettes. C'est alors qu'il découvre Steve, recroquevillé sur lui-même et très mal en point. Le visage de l'évadé arbore une grosse pustule. Angelo se penche sur Steve pour lui venir en aide, mais n'entend pas Paul qui s'est glissé subrepticement derrière lui pour l'assommer. Scully s'est introduite sans permission dans la salle d'incinération du pénitencier de Cumberland. Des flammes grondent dans un four massif. À proximité s'amoncelle une pile de cadavres enveloppés dans des sacs de plastique transparent. Scully enfile des gants et un masque pour s'approcher. Elle tombe sur le corps emballé de Bobby Torrence, dont le visage est maintenant recouvert d'une belle collection de pustules. À l'aide d'une lame sortie de sa poche, elle ouvre le sac. Elle n'a que le temps de voir l'état de Torrence avant qu'Osborne ne l'empoigne par derrière. Quelle imprudente! Très énervé, le médecin tente vainement de refermer les pans du sac éventré pendant que Scully l'exhorte à lui expliquer ce qui se passe réellement. «Vous parliez d'un genre d'infection grippale, tout à l'heure», proteste-t-elle. Osborne bredouille que ces morts ne doivent en aucun cas être exposés. Et pour cause! L'une des pustules se rompt et asperge copieusement le visage sans protection d'Osborne. L'homme prend panique et se précipite hors de la salle d'incinération. Scully le suit. -7-Le jour s'est levé. À la station-service, la roulotte n'a toujours pas bougé, et le bec verseur est resté dans le réservoir. Le calme qui règne sur les lieux est brusquement déchiré par le bruit de pneus crissant sur l'asphalte. La police arrive en trombe, chaque voiture exécutant à tour de rôle une figure de style dans la boue. Tout le monde se précipite l'arme au poing pour cerner le périmètre. Mulder découvre le pompiste Angelo dans les toilettes, très sonné, mais encore vivant. Il spécule que le jeune homme a eu la vie sauve grâce à son épaisse chevelure. Ce qui l'inquiète, c'est qu'Angelo raconte qu'un des fugitifs était malade et portait «un énorme bouton» sur le visage. Il est clair qu'au moins un des deux évadés est infecté. Mulder en informe le marshall. Quant aux deux lascars, ils se sont emparés de la voiture d'Angelo avant de vider les lieux (et la caisse). Tapia est contrarié, car les fuyards ont une bonne longueur d'avance sur eux et personne ne sait où ils sont allés. «Ils ont peut-être une femme qu'ils veulent rejoindre», propose Mulder. Possible, acquiesce Tapia, mais cette information se trouve au pénitencier où elle a été mise sous clé. Mulder a alors la brillante idée de se rendre à la cabine téléphonique. Il contacte la téléphoniste, à qui il donne son matricule, puis il demande quel est le dernier numéro composé du poste où il se trouve. (Incidemment, il ne prend aucune précaution pour manipuler le récepteur.) Pendant qu'il attend le renseignement, un hélicoptère atterrit près de la station. Quatre hommes en combinaison émergent de l'appareil en tirant une civière plastifiée. Tapia est d'abord trop surpris pour s'interposer. Les intrus ont tôt fait de mettre la main sur Angelo. Cette fois, le marshall et ses hommes protestent, mais aucun ne songe à braquer son arme sur les kidnappeurs. L'hélicoptère repart. Furieux, Tapia demande à Mulder si c'est lui qui a appelé ces gens. L'agent ignore tout de cette opération. Par contre, il a appris qu'un appel téléphonique a été logé de la cabine il y a deux heures. Il a le numéro et une adresse. -8-Une voiture arrive en klaxonnant devant la maison qu'habitent Elizabeth et son garçonnet. Elle va accueillir Paul qu'elle embrasse passionnément. Celui-ci lui apprend qu'il a un copain malade avec lui. L'état de Steve a beaucoup empiré. Elizabeth n'a pas l'air enchantée d'entendre Paul lui demander de faire entrer cet homme chez elle. Au pénitencier, Scully est revenue à la salle d'incinération. À une distance déraisonnablement courte du cadavre de Bobby Torrence, elle tente de retracer par téléphone l'origine du paquet qui a été envoyé initialement au prisonnier, grâce au numéro d'enregistrement. Un employé de la compagnie de livraison lui donne l'identité de l'envoyeur. Scully appelle ensuite Mulder, en route vers la résidence d'Elizabeth. Que sait-il de la Pinck Pharmaceutique (Pinck Pharmaceuticals), lui demande-t-elle? C'est la plus grosse entreprise pharmaceutique aux États-Unis, de répondre Mulder. La Pinck a envoyé au premier infecté de la prison un paquet dont le contenu a maintenant disparu, poursuit Scully. En comparant leurs notes, les deux agents conviennent que l'un des évadés au moins a été contaminé. Le risque de propagation est évident. Reste à voir comment se transmet la maladie. «J'y travaille», répond Scully avant de raccrocher. Un mouvement sur l'une des pustules de Torrence attire son attention. N'ayant apparemment rien retenu de la mésaventure d'Osborne, elle s'approche du cadavre et, à l'aide d'une pince, extrait un insecte vivant de la pulpe sanglante. -9-Au domicile d'Elizabeth, Steve est allongé sur un lit où il agonise. Sa plaie est énorme, et l'homme délire. Il agrippe Elizabeth par le bras, alors qu'elle lui tamponne le front. Au moment où son visage est tout proche de celui de Steve, la pustule explose, l'aspergeant copieusement la malheureuse. Horrifiée, elle se précipite dans la salle de bain pour se nettoyer. Elle hurle, appelle Paul, mais c'est la police qui surgit en défonçant la porte. La femme est promptement maîtrisée. Mulder constate que l'un des évadés est mort dans la chambre, et que l'autre a fichu le camp. (Personne ne porte de masque ni de gants en latex, et, cette fois, il n'y a aucune intervention des mystérieux hommes en combinaisons.) À l'infirmerie du pénitencier, Osborne demande à Scully de le suivre. Ils se rendent tous les deux dans un labo désert. Osborne transpire à grosses gouttes, comme s'il avait de la fièvre. Il desserre le nœud de sa cravate et montre à Scully une horrible pustule qui lui ronge la gorge. «Je me suis fait avoir, je suis contaminé. On ne me laissera plus repartir. Toute la prison est mise en quarantaine», déclare-t-il. Par qui, demande Scully, la CDC? «La CDC n'a rien à voir là-dedans», répond l'homme. C'est une entreprise, la Pinck Pharmaceutique qui mène toute l'affaire. «Nous finançons des programmes de recherche d'espèces inconnues des forêts équatoriales à forte potentialité médicale. Il y a trois mois environ, un de nos entomologistes a disparu au Costa Rica.» Personne ne sait ce qui lui est arrivé, mais il a néanmoins envoyé des échantillons. Scully exhibe celui qu'elle a découvert dans la pustule de Torrence. «Faciphaga Emasculata», commente Osborne, fasciné malgré lui. L'insecte sécrète certaines enzymes qui intéressent la compagnie. Elles n'ont pas de rapport avec l'infection cependant. L'insecte transporte un petit parasite qui s'attaque au système immunitaire (en anglais seulement, car en français il s'attaque au système nerveux!). «Les pustules font partie du cycle de reproduction naturel, et ils grouillent de larves.» Scully peut en admirer quelques-unes par les lentilles d'un microscope. Elle comprend que la contamination se produit lors de l'éruption, ce qui permet aux larves d'infecter un nouvel hôte. Osborne observe gravement qu'elle se trouvait présente lorsqu'il a lui-même été contaminé. Scully aurait-elle été infectée elle aussi? -10-Il est tard le soir lorsque Mulder vient voir le directeur adjoint Skinner à son bureau. Il commence à expliquer à son patron qu'on les a dupés, l'agent Scully et lui, dans cette affaire de fugitifs. C'est alors que résonne une voix de l'autre côté de la pièce: «Quelle est votre accusation, agent Mulder?» L'Homme à la cigarette, est là, confortablement assis dans un fauteuil. Skinner paraît irrité par l'intervention, mais Mulder, lui, est franchement atterré. La seule présence du Fumeur confirme ses appréhensions. Mulder se plaint d'avoir été envoyé en mission avec l'agent Scully au cœur d'une épidémie sans avoir été informé de son existence ni de sa nature. L'Homme à la cigarette demande de quelle nature est la contagion. «Incurable», répond Mulder en français. «Elle tue après 36 heures d'incubation» («Deadly. It kills within 36 hours»). Contaminé, un des évadés est déjà mort. L'autre a disparu. Mulder exige de savoir pourquoi on ne leur a pas dit la vérité. «On ne savait rien du tout, répond le Fumeur. Nous vous avons dit tout ce que nous savions.» («We didn't know the truth. What we knew would only have slowed you down.») Il lui explique ensuite que de prévenir le public causerait une panique et entraînerait davantage de morts. Fin philosophe, il ajoute: «Nous contrôlons la contagion par le contrôle de l'information.» Mulder proteste: on ne protège pas les gens en leur mentant. Furieux, il sort du bureau. Au passage, il s'adresse à son supérieur qui n'a pas fait beaucoup plus que de la figuration jusqu'à présent: «Et vous Skinner?» Mais il ne reste pas pour entendre la réponse. Dans le garage du FBI, Mulder monte dans sa voiture et se débat nerveusement avec la ceinture de sécurité. Scully l'appelle sur son cellulaire pour lui apprendre que toute la prison est en quarantaine. La maladie n'a rien d'un accident, et les pseudo-agents de la CDC sont en fait des employés de Pinck Pharmaceutique envoyés pour nettoyer les dégâts. Le gouvernement couvre l'opération: «Pourquoi la Garde nationale serait-elle présente ici sinon pour protéger Pinck Pharmaceutique?», demande-t-elle. Mulder a besoin d'éléments concrets pour étoffer l'affaire. «Les gens doivent savoir», déclare-t-il. Scully ne le suit pas sur ce point. «On n'a pas le droit de laisser sortir ça avant d'en savoir plus.» Et elle lui sort le même argument que l'Homme à la cigarette: «Si ça se sait prématurément, la panique va se répandre plus vite que la contagion. Mulder, il ne faut pas qu'on l'apprenne.» Mais si quelqu'un devait mourir parce que les agents n'auront rien dit? «D'autres gens pourraient aussi mourir si on en parle», rétorque Scully. Elle n'est pas contre l'idée d'informer le public, mais pas avant de savoir exactement ce à quoi ils ont affaire. Mulder cesse d'argumenter et lui demande comment ça va. Elle reste évasive, passant sous silence la possibilité qu'elle ne sorte jamais du pénitencier. Après avoir raccroché, Scully se tourne vers Osborne qui manipule un insecte. Elle enlève sa veste et s'assoit à côté de lui. «Si vous n'êtes pas contaminée, vous devriez partir immédiatement», lui dit-il. Mais l'est-elle? Pour le savoir, Osborne a conçu une petite expérience. Il explique d'abord qu'on ne peut déceler la présence du parasite dans le système sanguin humain. L'insecte qu'il a mis dans un boîtier en plastique est non contaminé et agit comme incubateur. Avec du ruban adhésif, il attache le contenant à l'envers sur le bras de Scully de manière à ce que la bestiole soit en contact avec sa peau. Si Scully est piquée, elle ne sera pas infectée. Par contre, si Scully est porteuse du parasite, l'insecte le sera aussi, et on pourra le détecter, car la maladie ne s'attrape qu'en étant exposé aux larves. L'expérience durera une trentaine de minutes, puis il devra s'écouler deux autres heures avant que le parasite ne se reproduise suffisamment (dans le corps de l'insecte) pour qu'on le voie. -11-Dans l'espoir de retrouver le dernier évadé, Mulder interroge Elizabeth que l'on garde enfermée dans une chambre hermétique à l'hôpital de Dinwiddie. Elle prétend ne pas savoir où Paul s'est enfui, mais l'agent n'est pas d'humeur à perdre son temps. Il lui laisse clairement entendre qu'elle va probablement subir le même sort que Steve. «J'aurais peur, moi, à votre place.» Paul ne lui a pas tout dit et maintenant qu'il est au large, il risque de contaminer mortellement bien des gens. «Si c'était vrai, on en aurait entendu parler à la télévision!», proteste naïvement la jeune femme. Mulder lui rétorque que ce n'est pas lui qui décide. Mais s'il est au courant, remarque très justement Elizabeth, pourquoi ne dit-il rien à personne? «Pourquoi est-ce que je dirais la vérité, moi?», assène-t-elle. En fin de compte, elle finit par fournir le renseignement. Paul sera à 10 h dans le bus en partance pour Toronto. Elizabeth devait l'y rejoindre. Informé par Mulder, Tapia craint que le temps de se rendre à la station de bus, Paul n'en profite pour s'évaporer de nouveau. Il s'apprête à donner l'ordre de prévenir la police locale, mais Mulder s'interpose. Il y a trop de risques, la police n'est pas préparée. Tapia et Mulder doivent garder le contrôle. Paul se trouve effectivement à la station de bus. Une horloge indique qu'il est 21 h 35. L'homme est visiblement malade, et sa mine défaite inquiète l'employée qui lui vend un billet pour Toronto. -12-Au pénitencier, le laps de temps requis pour le test d'Osborne s'est écoulé. Il ne reste plus qu'à analyser le sang de l'insecte pour voir si le parasite s'y trouve. Mais Osborne est soudain pris d'un malaise et s'effondre. À Scully qui essaie de le soutenir, il dit que les toxines sont en train d'atteindre son cerveau et que ses heures sont comptées. Quelques minutes plus tard, Osborne est allongé sur une civière d'isolation. Avec beaucoup de peine, il exhorte Scully à poursuivre l'expérience. Il veut aussi qu'elle rende la vérité publique, car la population a le droit de la connaître. «Avec quelle preuve?», demande Scully. Osborne n'en a aucune idée, mais elle doit la trouver, sinon la situation se répétera. Il insiste: «Croyez-moi, ce serait une erreur de croire qu'il s'agit d'un incident isolé.» De retour au labo, elle prélève du sang de l'insecte. Elle pose l'échantillon sur une lamelle qu'elle place sous le microscope. Elle formule mentalement une courte prière, puis elle regarde. Comme on s'en doutait, elle n'est pas atteinte. Soulagée, elle sort pour annoncer la bonne nouvelle à Osborne, mais sa civière a disparu du couloir. -13-À la station, un garçon se dirige en courant vers la passerelle du bus qui va à Toronto. Il flanque ses bagages avec ceux des autres passagers et s'apprête à monter. Sa mère, qui s'efforce de le suivre, exige qu'il ralentisse un peu et l'embrasse avant de partir. Elle doit encore le retenir pour lui donner son ticket qu'il allait oublier. Toujours pressé, le gamin monte dans le véhicule. «Sois prudent. Et embrasse bien ton oncle Jack!» Le garçon se dirige vers le fond du bus lorsqu'une main l'agrippe. C'est Paul, le visage ravagé, qui veut savoir quelle heure il est. «Moins le quart», répond l'adolescent. Puis il se dégage et va s'asseoir plus loin. Dans la salle d'incinération du pénitencier, les hommes de la Pinck Parmaceutique s'affairent à brûler les cadavres sous la supervision d'Auerbach. Scully entre et demande ce qui se passe. L'autre lui répond que ce «matériel» a été confisqué et doit être détruit selon les normes de la CDC. Scully rétorque qu'il ne travaille pas pour la CDC. Puis elle remarque le corps du Dr Osborne emballé dans du plastique. On s'en empare et l'enfourne dans l'incinérateur. Scully promet qu'elle va rendre toute cette histoire publique, ce qui n'impressionne pas Auerbach. Osborne est mort, et aucun de ces hommes ne corroborera son témoignage à elle. «Estimez-vous heureuse que cette saloperie soit jugulée», ajoute-t-il. Mulder, Tapia et des policiers, tous vêtus en civils, arrivent en même temps et se répandent dans la station, en espérant sans doute que personne ne remarquera leur arrivée. Pendant qu'ils fouillent discrètement l'endroit, Mulder montre une photo de Paul à l'employée du guichet qui reconnaît sans peine l'évadé. L'agent confirme ensuite deux choses à Tapia: Paul va bel et bien prendre un bus pour Toronto, et il est contaminé. La sonnerie du cellulaire de Mulder interrompt l'échange. C'est Scully qui lui annonce qu'au pénitencier, tout est sous contrôle. En apprenant que son collègue s'apprête à capturer le prisonnier qui est toujours en vie, elle lui précise que toutes les traces de l'épidémie ont été détruites de son côté. Paul pourrait bien représenter l'unique preuve qu'il leur reste. Il faut impérativement obtenir sa déposition avant que la maladie ne le tue. -14-Dans l'enceinte, des hommes armés se déploient sur le toit des bus stationnés. Mulder demande à Tapia de les tenir à distance, car il a l'intention de monter dans le véhicule cerné. Le marshall s'y oppose, car ils ont la situation bien en main. Mulder est convaincu que les passagers à l'intérieur du bus sont en danger si Paul se rend compte de ce qui se passe et prend panique. Il propose son plan: «J'y vais, je m'assieds derrière lui, je sors mon arme, je la pointe sur sa tête et je dis à tous les passagers de descendre.» Tapia approuve. Mulder monte dans le bus, mais, ne voyant Paul nulle part, il reste planté là. Le chauffeur insiste pour que l'agent aille s'asseoir. Mulder s'installe au premier siège et lui montre son badge, puis la photo de Paul, que le chauffeur reconnaît. À ce moment, l'évadé sort en toussant des toilettes. Il repère tout de suite Mulder, qui n'a d'autre choix que de dégainer en hurlant: «FBI! Lâchez votre arme!» Paul n'a rien perdu de ses réflexes. Il sort une arme lui aussi, et prend en otage le garçon à qui il a demandé l'heure plus tôt. Il se cale sur un siège, le visage déformé tout près de celui du gamin. Sa pustule commence à enfler. Voyant la situation dégénérer, Tapia annonce à ses hommes que le plan A est un échec et qu'il faut passer au plan B. Tous les passagers se sont couchés sur leurs sièges. L'agent intime le prisonnier de relâcher son otage, mais l'autre ordonne de faire démarrer le bus. Il n'ira pas loin, lui réplique l'agent, car l'endroit est cerné. Paul aperçoit des policiers sur les toits des autres véhicules, prêts à l'abattre. «C'est quoi cette saleté?», demande-t-il en parlant de sa maladie. La pustule sur son visage atteint des proportions inquiétantes. «Vous l'avez contracté en prison», répond Mulder. Paul fait alors le lien avec Bobby Torrence, mais l'impitoyable Mulder lui annonce qu'Elizabeth a aussi été infectée, et peut-être son petit garçon. «Combien de personnes vous voulez encore contaminer?» Paul réfléchit à toute vitesse. «Ça vient de ce paquet que Bobby a reçu, c'est ça?» L'agent est surpris. L'évadé est donc au courant pour le paquet? Mais Paul agonise, tousse, et sa pustule est sur le point de se rompre. Mulder s'approche tranquillement de l'homme. Il demande aux passagers de sortir du bus. Comprenant que tout est fini, Paul laisse partir le garçon. Risquant lui-même la contagion en côtoyant le prisonnier d'aussi près, Mulder veut savoir ce qu'il y avait dans ce paquet. «Une multinationale pharmaceutique vous a utilisés comme cobayes. Si vous me dites ce qu'il y avait dans ce paquet, je vous jure de les envoyer devant un juge.» Paul est pris de convulsions. Un coup de feu part, transperce la vitre et l'atteint à la tête. Des exclamations fusent à l'extérieur. En version française, on entend Tapia protester qu'il n'a pas donné l'ordre de tirer, mais en version originale, des voix demandent de s'assurer que le fugitif est bien mort. De fait, des hommes en combinaisons blanches entrent dans le bus et obligent Mulder à sortir. -15-Mulder a apporté à son patron une petite bouteille contenant un insecte mort. Il explique: «Robert Torrence était le patient numéro zéro, le premier patient à contracter la maladie. Peu avant d'être admis à l'infirmerie, il avait reçu un paquet de Pinck Pharmaceutique. Ce qu'ils voulaient, c'était l'autorisation de commercialiser leur nouveau produit sans passer par des années de tests administratifs.» Mulder a maintenant l'intention de tout révéler à la presse, mais son supérieur lui conseille d'y réfléchir. Va-t-il vraiment baser son histoire sur un insecte mort et un colis vide? Et puis l'épidémie a été enrayée. Mais il y a eu dix-huit morts dans cette affaire, proteste Mulder. «Si vous leur permettez de dissimuler la vérité, vous serez aussi fautif que ces assassins», clame-t-il un peu outrageusement. «Vous ne vous rendez pas compte à qui vous avez affaire», essaie de raisonner Skinner. «Je croyais avoir affaire à vous», réplique Mulder. Scully frappe à la porte et entre. Elle n'a pas l'air contente. «C'est fichu, tu ne pourras rien prouver.» Un fax du gouvernement du Costa Rica lui a appris que le scientifique disparu s'appelait Robert Torrence, tout comme le prisonnier. Si jamais l'affaire tournait mal, il suffisait à Pinck Pharmaceutique d'invoquer une erreur de la poste.» Skinner reste silencieux, pas trop fier de lui. Mulder a un petit ricanement de dérision. Il pense comprendre pourquoi on lui a donné cette mission. «Même si on réussissait à découvrir la vérité, on était de toute manière discrédité, car mouillés jusqu'au cou.» Skinner reconnaît que les agents n'avaient aucune chance. Écœurés par toute cette histoire, Mulder et Scully s'apprêtent à quitter le bureau. Ils atteignent la porte quand ils entendent leur patron leur servir un dernier avertissement: «Je vous le dis en toute amitié. Soyez très prudents. Ça ne fait que commencer.» («I'm saying this as a friend. Watch your back. This is just the beginning.») Janvier 2007 |
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