-1-

En narration hors champ, Mulder nous rappelle que la disparition de sa sœur, lorsqu’ils étaient enfants, est à l'origine d’une quête à laquelle il a consacré sa vie et sacrifié beaucoup de choses, la recherche d’une présence extraterrestre sur Terre. L’homme risquerait tout pour cette conviction. Pendant qu’il parle, nous voyons une lumière vive percer la nuit: c’est le projecteur d’un hélicoptère qui atterrit. Une ambulance surgit sur les lieux, toutes sirènes hurlantes. Des soldats sortent une civière et se précipitent vers l'hélicoptère pour porter secours à quelqu’un, qui paraît plongé dans un état critique. On reconnaît vite Mulder. Inconscient, l’agent est emmené sur une civière dans un hôpital militaire où médecins et infirmières tentent de lui sauver la vie. Il a les yeux enflés et d’autres symptômes indiquent qu’il est en train de mourir d'hypothermie.

L'air agité, mais déterminé, l’agent Scully arrive à son tour à l'hôpital. Elle veut voir Mulder de toute urgence: «C'est un mort en sursis!», clame-t-elle. Les militaires l’empêchent d’entrer, et elle doit insister et montrer sa carte du FBI pour qu’on consente à la laisser passer. Tandis que les signes vitaux de Mulder s'affaiblissent et qu’on l’immerge dans un bain d'eau chaude pour faire monter sa température, la narration hors champ se poursuit: «Ce qui m'est arrivé sur la banquise a justifié toutes mes convictions. Si je dois mourir, ce sera avec la certitude d'avoir servi la vérité.» Mulder déclare avoir trouvé la preuve qu'il cherchait, celle de l’existence d’une intelligence extraterrestre. Ils ont même déjà commencé à nous coloniser, ajoute-t-il. Scully entre en trombe dans la salle d'urgence et s'enquiert de l'état de son partenaire. Quand elle comprend qu'on essaie de faire monter sa température, elle ordonne qu'on cesse le traitement: c'est le froid qui le maintient en vie, affirme-t-elle. Comme pour prouver ses dires, un son aigu avertit que le cœur de Mulder a cessé de battre.

-2-

Nous reculons de deux semaines dans le temps. En pleine mer de Beaufort, les membres de l’équipage d’un navire de recherche, l’Alta, observent la présence d'un OVNI de forme oblongue qui brille dans la nuit. Après être resté stationnaire dans le ciel nocturne, l’objet se remet à bouger. Il survole le navire à une vitesse fulgurante, puis va s’écraser en mer dans une gerbe de flammes. Le capitaine ordonne l’inversion les moteurs. «Il va falloir aller voir.»

Dans une clinique de fertilité à Scranton (Pennsylvanie), le Dr Prince, un homme dans la quarantaine, entre la salle de repos pour se servir un café. La télé diffuse un reportage sur le sauvetage qui a eu lieu dans la mer de Beaufort. Une journaliste raconte que l’équipage de l’Alta a d’abord aperçu un «appareil inconnu». Elle présente l’affaire comme celle d'un pilote russe qui a survécu à l'écrasement de son avion. D’abord intrigué, puis manifestement inquiet, le Dr Prince se rapproche de la télévision pour mieux voir. On finit par montrer ce fameux pilote russe, un homme de forte carrure au regard glacial. La journaliste précise que l'individu a été emmené à l'hôpital, mais qu'il a ensuite disparu sans explication. Cette fois, Prince prend panique. Il se rue hors de la salle et court vers une sortie de secours. Pas de chance, quelqu'un l'y attend: c'est le «pilote russe» du reportage! L'individu agrippe le médecin par la gorge et l'écrase violemment contre un mur. «Dites-moi où il est», ordonne-t-il. «Je n'en ai aucune idée!», répond sa victime en étouffant. L'inconnu projette le Dr Prince au sol et l'y maintient d'une main. De l'autre, il sort de sa poche un tube métallique dont il fait surgir une sorte de longue aiguille. Il enfonce la pointe dans la nuque de sa victime et un liquide vert se met à suinter de la blessure en grésillant (on reconnaît le sang des hybrides de l’épisode The Erlenmeyer Flask). Le «pilote» contemple le corps un instant, puis provoque délibérément un incendie en endommageant un boîtier électrique. Il quitte calmement les lieux en laissant derrière lui les escaliers en flammes. L'alarme d’incendie retentit.

-3-

Au bureau du FBI, l’agent Scully vient rejoindre son partenaire en rapportant que des coups de feu ont encore été tirés vers la Maison Blanche. «On se demande où va un pays où même le président peut être victime des snipers» («You gotta wonder about a country where even the president has to worry about drive-by shootings»), commente philosophiquement Mulder. Puis il informe Scully qu’un expéditeur anonyme lui a envoyé par courriel trois avis de décès. Il s'agit de trois médecins qui pratiquaient l'avortement et qui ont péri dans des incendies: le Dr Landon Prince en Pennsylvanie, le Dr Dale Gayhart à New York et le Dr Harvey Buchanon dans le New Jersey. Scully soupçonne les militants pro-vie. Mulder lui montre alors les photos des victimes: les trois hommes se ressemblent étrangement. Scully demande si ce sont des triplés, mais Mulder n'a trouvé aucun de lien de parenté entre eux. En fait, à part ces photos, il n'a rien trouvé du tout  à leur sujet. C’est comme s'ils n'avaient jamais existé.

Plus tard au poste de police, le sergent Dixon confirme que la famille du Dr Prince ne s’est pas manifestée. Scully s'enquiert au sujet d'un militant pro-vie qu’on a arrêté, le révérend Calvin Sistrunk. Dixon lui dit que le suspect en question avait un mobile et qu'on a découvert sur lui une coupure de journal suspecte. Ce n’est qu’une simple annonce montrant la photo du médecin et demandant à toute personne connaissant cet homme d’appeler un certain numéro de téléphone. Mulder révèle alors un détail curieux: le corps du Dr Prince n'a jamais été retrouvé. Comment l’a-t-il su, puisque cette information n’a pas été rendue publique par la police? Mulder explique que les corps de deux autres victimes qui ont péri dans des circonstances similaires n’ont pas non plus été retrouvés. Prince devait se trouver dans le bâtiment au moment de l’incendie, rétorque Dixon, puisqu'on a découvert ses clés de voiture dans l'escalier où le feu a pris. Un policier fait entrer le révérend Sistrunk, menottes aux poings. L’air arrogant et sûr de son bon droit, celui-ci souhaite le bonjour à tous avant de s'asseoir.  En ce qui concerne la mort de Prince, il invoque la justice divine, mais perd sa belle assurance quand Mulder lui annonce que quiconque a tué le médecin devra répondre de deux autres meurtres. Sistrunk nie avoir tué qui que ce soit. L'annonce suspecte qu’on a trouvée sur lui provient d’un journal local de Binghamton.

Aux bureaux du journal, les agents interrogent une employée. Celle-ci se souvient de l'homme qui a placé l'annonce, mais ce n’est pas le révérend Sistrunk. L’auteur a payé en liquide, n'a rien voulu signer et n'a laissé aucune coordonnée. À sa demande, le journal a passé l'annonce une semaine de plus, sauf qu'il n'est jamais revenu pour payer. Les agents ont l’impression d’avoir abouti dans un cul-de-sac. Scully ne peut s'empêcher de remarquer à quel point toute cette affaire est bizarre: le décès de trois hommes identiques, aucun corps, et une absence complète de suspect. Elle flaire la manipulation. Mulder, au contraire, est persuadé que cette affaire est bien réelle, sinon on aurait pris la peine de fournir plus d'indices. Peut-être existe-t-il d'autres sosies. Sur une carte des États-Unis affichée au mur, Mulder montre à Scully que la série de meurtres progresse vers le nord. Mulder s'enquiert auprès de l'employée du journal au sujet du numéro de téléphone qui apparaît dans l'annonce. Il correspond à une boîte vocale. Si Mulder veut y avoir accès, il lui faudra d’abord payer les frais en souffrance (en version française, la préposée lui dit qu’il doit payer d’avance la communication). L’agent sort sa carte de crédit, tandis que sa partenaire se charge de relever les messages: il y a 24 réponses, et le premier dit que l'homme a été aperçu à Syracuse. «C'est au nord», fait remarquer Mulder, qui perd aussitôt tout intérêt pour les 23 autres messages.

-4-

À Syracuse, un agent du FBI appelé Barrett Weiss reçoit un coup de téléphone. C’est Mulder qui lui apprend qu'un certain Dr Aaron Baker court un grave danger et qui lui demande de mettre l’individu en sécurité. Weiss obtempère, puis se rend seul au logis du Dr Baker. Il s'apprête à frapper à la porte, mais retient son geste en entendant des éclats de voix. Weiss regarde par une fenêtre pour voir ce qui se passe à l'intérieur. Il voit le Dr Baker s'agiter devant un interlocuteur invisible. «Je ne sais rien, je ne sais absolument rien!», plaide le médecin (en version française seulement, car en anglais on n’entend pas ce qu’il dit). L'agent Weiss décide de passer par l’arrière pour entrer dans la maison. Pendant ce temps, dans le salon, le «pilote russe» empoigne le Dr Baker et le plaque contre un mur. Puis il sort son stylet à lame rétractable et tue le médecin, dont la blessure se met à exsuder du sang vert. À ce moment, l'agent Weiss fait irruption, l'arme au point. «FBI! Lâchez votre arme!» Son attention est distraite par l'amas de mousse verdâtre qui s’étale par terre, à l’endroit où aurait dû se trouver le corps du Dr Baker. L'assassin en profite pour tenter de fuir. Quand Weiss lui tire dessus, l’autre se met à saigner et une substance verte bouillonnante lui sort de plusieurs trous dans la poitrine. Ces blessures n’ont pas l’air de l’incommoder le moindrement. Mais Weiss, lui, se met à étouffer, intoxiqué par les émanations.

Mulder et Scully arrivent à leur tour chez le Dr Baker. Ils frappent à la porte, mais une voix les interpelle: c'est l'agent Weiss, apparemment en pleine forme. Il leur apprend qu'il n'y a personne à la maison et que le courrier n'a pas été ramassé depuis deux semaines. Mulder pense qu'ils sont peut-être arrivés trop tard. Il veut quand même jeter un coup d’œil dans les environs. Resté seul, Weiss se dirige vers sa voiture. Quand il ouvre le coffre arrière, on aperçoit à l'intérieur le cadavre dévêtu et recroquevillé du véritable agent Weiss. D'étranges marques rouges lui strient le visage et il a les yeux tuméfiés. L'imposteur regarde à gauche et à droite puis, voyant que personne ne l'observe, il se métamorphose et reprend son visage originel, celui de l'assassin extraterrestre. L’être que l'on appellera indifféremment le Mercenaire (Bounty Hunter, en anglais) ou le métamorphe jette les clés dans le coffre, vérifie que Mulder et Scully sont encore dans le jardin, et quitte tranquillement les lieux en marchant, sous sa véritable apparence.

Quelques heures plus tard, Mulder est convoqué au bureau du directeur adjoint Skinner. Ce dernier paraît d'une humeur encore plus massacrante que d'habitude. L’agent lui explique qu'il revient tout juste de Syracuse. «Vous y faisiez quoi?», demande sèchement Skinner. L’autre répond que Scully et lui ont commencé à travailler sur une enquête. L'a-t-on autorisé à mener cette enquête? Non. A-t-il rempli une demande? Non. Mulder pensait avoir carte blanche en ce qui concerne les X-Files. Skinner rétorque que ses supérieurs à lui ne sont pas aussi compréhensifs, surtout quand un de leurs agents est tué. Le corps de Weiss a en effet été retrouvé dans le coffre de sa voiture. Mulder est sidéré, il vient juste de lui parler. Skinner ne dérougit pas; il ne veut pas entendre d’excuses. Il demande un rapport sur cette histoire et décide de clore la présumée enquête de son agent. «Ne sous-estimez pas la gravité de cette affaire, agent Mulder. Un homme a été assassiné.»

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Quand Mulder retourne à son bureau, Scully l'appelle au téléphone de chez elle. Il lui apprend que Weiss est mort et que leur enquête est terminée. Scully réfléchit un moment et demande à son partenaire de vérifier son courriel, car elle a reçu une étrange information. C'est la photo d'un autre sosie, le Dr James Dickens qui habite ici même, à Washington. Mulder lui dit de l’attendre, il va passer la prendre.

En arrivant chez Scully, Mulder tombe sur un homme en pardessus qui attend devant la porte. Il se présente: Ambrose Chapel, agent de la CIA. Il voudrait parler aux deux agents à propos du meurtre des sosies. On s’installe dans le salon de Scully, pour écouter ce que le nouveau venu a à dire. Durant la Guerre froide, raconte Chapel, des scientifiques soviétiques ont identifié le gène qui permet de créer des traits identiques, comme chez les jumeaux, et ils sont parvenus à reproduire ce gène. Toutes les victimes des derniers jours seraient donc des clones. On les appelait les Gregor. Un bataillon de ces clones aurait réussi à s'installer aux États-Unis depuis les années 70, grâce à un unique passeport allemand. Certains des Gregor auraient ensuite occupé des postes stratégiques dans des établissements médicaux. «S'il y avait une guerre, ils se mobiliseraient en même temps dans ces établissements et sur tout le territoire pour contaminer le plasma et les produits pharmaceutiques les plus courants. Ils détruiraient tout notre système immunitaire.» La CIA n'a-t-elle rien fait pour empêcher cela? «Au travers d’un accord secret, explique Chapel, quelqu'un a décidé que les Gregor se feraient l'un après l'autre éliminer par un mercenaire hautement qualifié, un tueur-espion russe, en échange de la suppression pure et simple de tout le programme en cours et de la technologie qui l'a rendu possible.» Toujours selon Chapel, ce sont les Gregor eux-mêmes qui ont contacté Mulder et Scully, car ils se fiaient naïvement sur la réputation des agents pour se protéger. Par contre, l'annonce dans le journal, c'est lui-même qui l'a passée. Chapel désapprouve ces meurtres commis au nom de la raison d’État. Il dénonce les agissements du gouvernement et veut faire éclater la vérité. Mulder paraît le croire, puisqu’il lui confie aussitôt avoir localisé un autre des Gregor.

-6-

Dans un entrepôt de Germantown, au Maryland, l'un des Gregor (le Dr Dickens) s'affaire au milieu d'équipements électroniques et de réservoirs remplis d'un liquide verdâtre. La nuit tombée, il sort de son laboratoire et monte dans un véhicule conduit par une jeune femme. Tous deux se rendent à l'appartement qu'ils paraissent partager. Mulder, Scully et Chapel arrivent bientôt eux aussi en voiture. Quand on frappe à sa porte, le médecin va répondre, tandis que la jeune femme se tient hors de vue. Mulder demande à Dickens s'il a essayé de contacter des agents du FBI. L’autre n’a pas le temps de répondre, car il vient d’apercevoir Chapel et s’enfuit aussitôt, comme pris de panique. Il n’hésite pas à sauter par la fenêtre et va s’écraser au sol trois ou quatre étages plus bas. On le croit d'abord inconscient, voire mort, mais il se relève très vite et repart à la course. Mulder et Chapel se lancent à sa poursuite en prenant des voies différentes. Scully, qui appelait une ambulance, se joint au duo, sans remarquer la présence de la jeune femme qui continue de l’observer depuis sa cachette.

Mulder est sur les talons du Dr Dickens et paraît sur le point de le rattraper lorsqu'il est renversé par une voiture. Scully arrive à la rescousse. Son partenaire est sonné, mais s’en tire avec une épaule démise. Scully reprend sa course pour retrouver Dickens. Ce dernier a bifurqué dans une impasse grillagée. Il ne peut rebrousser chemin, car Chapel lui barre la route quinze mètres plus loin. Désespéré, le sosie grimpe sur une benne à ordures et tente de débloquer une échelle de secours. Impassible, Chapel continue d'avancer. Dickens prend panique. Une main lui agrippe la cheville, non pas celle de Chapel, mais celle du Mercenaire. Scully arrive en courant sur les lieux. Elle entend un bruit métallique dont elle essaie de localiser la provenance dans la noirceur. Elle dégaine et continue de progresser vers le fond de la ruelle. Elle y trouve Chapel à bout de souffle. «Il s'est enfui», prétend l’homme de la CIA. Le médecin aurait emprunté l'échelle pour disparaître par les toits. Scully regarde Chapel s'éloigner et se dirige vers l'endroit où Dickens s'est soi-disant échappé. Elle marche soudain dans une flaque de liquide vert qu'elle essaie d'essuyer de sa chaussure. Comme il n’y a plus personne, elle s'en va. Elle a déjà quitté les lieux lorsque  la flaque se met à bouillonner et à dégager de la fumée avec un grésillement acide.

-7-

Le lendemain, un Mulder contusionné a réintégré son bureau. Scully lui fait part de ses inquiétudes au sujet de l'enquête. Elle regrette qu’ils se soient lancés dans cette affaire et trouve tout à fait invraisemblable l’histoire que leur a racontée Ambrose Chapel. Mulder, lui, déborde d’enthousiasme à la perspective de pouvoir dénoncer une conspiration gouvernementale. Il a vérifié le passé de l’homme, un authentique agent de la CIA depuis 17 ans. «Je ne vois vraiment pas pourquoi il aurait besoin de notre aide, ce type», souligne Scully. Elle a aussi remarqué que le Dr Dickens ne se sauvait pas du FBI, mais de Chapel lui-même — et n'est-il pas curieux que Chapel ait laissé filer cet homme aussi aisément? À court d’arguments, Mulder traite sa partenaire de paranoïaque. Peu impressionnée, Scully pousse le raisonnement plus loin. Elle soupçonne Chapel d'avoir tué l'agent Weiss. Mulder la défie de mettre ça dans son rapport. Le ton monte entre les deux agents. Scully refuse de poursuivre les recherches, car, après tout, un agent du FBI est mort à cause de cette enquête qu’elle juge complètement délirante. «Ce sont les risques de métier. Ou on les accepte, ou on démissionne!», réplique vertement Mulder, avec une absence choquante de compassion. Scully lui montre un des souliers qu'elle portait la veille. La semelle est entièrement rongée et noircie là où elle avait mis le pied dans la flaque verte. «Tu vas me dire que je suis paranoïaque, mais c'était à l'endroit précis où Chapel m'a dit que le docteur lui avait échappé.» Mulder lui demande d'envoyer le soulier au laboratoire. Il veut aussi qu'elle refasse l'autopsie de Weiss, dont on n’a pas encore réussi à déterminer la cause de la mort.

Les agents se retrouvent dans la salle d'autopsie. Scully fait un survol du rapport initial du médecin légiste: pas de blessure par balle ou par arme blanche, pas de marque de strangulation, rien de notable du côté toxicologique. Il n'y a que les résultats sanguins qui sont anormaux, car il y a des traces de polycythémie, une production excessive de globules rouges. D'après le rapport, «l'hémoglobine ressemblait à de la gelée». Pourtant, une substance coagulante aurait laissé des traces perceptibles à l’analyse toxicologique. Mulder, qui croit toujours à l'histoire de Chapel voulant que les Gregor soient capables de contaminer le sang, pense qu'il tient une piste. Il demande à Scully d'examiner la trousse du Dr Dickens. Quelqu’un vient alors l’informer que Skinner le fait demander. L’agent ne s'inquiète pas trop du fait que son rapport n’est pas terminé, puisqu'il a l'excuse de s'être fait frapper par une voiture.

Ce n'est pas de son rapport que Skinner veut parler à Mulder. «Votre père vous cherche partout, un problème familial paraît-il.» D’abord interloqué, Mulder s’empresse de retourner à son bureau pour appeler au domicile paternel. C'est sa mère qui répond, ce qui le surprend encore plus, puisque ses parents ont divorcé. «Il n'y a rien de grave?», demande-t-il, inquiet. Mulder père prend la ligne et lui dit qu'il a reçu un coup de fil très bizarre. Il demande à son fils de venir le rejoindre chez lui dans les plus brefs délais, mais refuse d'en dire plus. Scully survient en annonçant qu'elle n'a rien trouvé dans la trousse de Dickens à part une adresse. Son partenaire lui demande d’effectuer la vérification. Quant à lui, il a autre chose à faire. Scully lui demande où il va, il répond «chez moi» sans autre explication.

-8-

Il fait nuit. Scully arrive à l'adresse qu'elle a trouvée dans la trousse du Dr Dickens. Il s'agit de l'entrepôt de Germantown qu’on a vu précédemment. Scully entre, l'arme au poing. Elle n'a pas fait dix pas qu'elle marche dans une nouvelle flaque verte (encore des souliers gâchés). Plus loin, quelqu'un s’affaire à détruire l'équipement et à renverser les réservoirs. C'est Ambrose Chapel, ou plutôt le Mercenaire. Des choses flasques jonchent le sol et l’imposteur en écrase une sous son pied, faisant jaillir une masse visqueuse et verdâtre. Scully bat en retraite, mais l'assassin l'entend. Il se dirige vers la sortie pour l'intercepter. Trop tard, Scully démarre en trombe. Elle rentre chez elle, très énervée, et tente de rejoindre Mulder au téléphone. Elle tombe sur son répondeur et lui laisse un message urgent: «Je viens de faire une importante découverte. Mais j'ai l'impression que je suis en danger. Je suis dans mon appartement et je crois qu'on m'a suivie.» En effet, une voiture est garée devant chez elle.

De son côté, Mulder s'est rendu à la résidence de son père à West Tisbury, sur l'île de Martha's Vineyard au Massachusetts. Bill Mulder l’attend sur la galerie. Il ne le salue même pas. «Ta mère a besoin d'un peu de temps», dit-il en s’allumant une cigarette dans la noirceur. Puis il se lève et se dirige vers son fils. Fox fait un geste pour le serrer dans ses bras, mais son père se contente de lui tendre la main et de parler par énigme. «Une certitude peut devenir un réconfort qui nous permet de continuer de vivre» («The certainty becomes a comfort that allows you to move on»), répond-il quand Fox lui demande ce qui se passe. Par la fenêtre du salon, l’agent aperçoit sa mère, Teena, qui discute en pleurant avec une autre femme. «À qui parle maman?» Son père n'a pas l’air le moindrement ému. «À ta sœur», répond-il. Mulder est abasourdi. Il entre dans la maison comme un somnambule et se dirige vers le salon. La jeune femme et sa mère se lèvent. «Fox», dit simplement Samantha. Le spectateur aura reconnu la jeune femme qu’on a vue plus tôt en compagnie du Dr Dickens.

-9-

C'est l'aube et la mère de Mulder s’est enfin mise au lit. Fox la borde tendrement. Teena a peine à croire au miracle qui vient de se produire. «Est-ce bien elle?», demande-t-elle à son fils. «Qui veux-tu que ce soit, maman?», répond-il sans trop d’assurance. Puis, après avoir pris une grande respiration, il va retrouver sa sœur assise sur le porche, enveloppée dans une couverture. «Il est trop tard pour une partie de Stratego?», demande-t-elle en version anglaise. (En français, elle parle d'une partie d'échecs ce qui occulte alors l'allusion à la fameuse scène d'enlèvement de Little Green Men.) Mulder lui demande des précisions sur ce qui s'est passé. «Je devais avoir neuf ou dix ans lorsqu'ils m'ont relâchée, commence-t-elle. Et plus aucun souvenir. On m'a placée dans une famille qui m'a élevée comme sa fille.» Elle savait que ce n'étaient pas ses vrais parents, mais elle ne se souvenait plus de sa véritable famille. Par la suite, elle s'est mise à avoir des crises d'anxiété si graves qu'elle a essayé l'hypnothérapie régressive. Tout lui est revenu, l'enlèvement, les tests. Mulder la serre contre elle. «Je suis menacée, Fox», souffle-t-elle. Ces médecins qui se font tuer ont un rapport avec elle. Le Dr Dickens était son «père», celui de sa famille adoptive. «Ce ne sont que des visiteurs ici. Mais tu préfères sans doute extraterrestres.» («What people would call aliens.») Un tueur a été envoyé ici pour les faire disparaître, assure-t-elle; il a assassiné son «père» (Dickens) et il essaiera de l’éliminer elle aussi.

Scully sort de chez elle en tenue de jogging. Elle rate donc l'appel de Mulder et le message qu’il lui laisse: «Tu ne dois surtout pas faire confiance à l'agent de la CIA, ta vie est peut-être en danger.» (Au moins, les deux agents sont maintenant sur la même longueur d'onde en ce qui concerne Chapel.) Chez les Mulder, Samantha inquiète son frère en lui apprenant que l'assassin a le pouvoir de modifier son apparence. Fox ne pourrait pas le reconnaître, mais elle, oui. Pendant ce temps, Scully s’est rendue à un arrêt de bus en joggant. Elle monte dans le véhicule, s'assoit et rappelle son partenaire. Manque de pot, elle tombe à nouveau sur son répondeur et laisse un message: elle a quitté son appartement et ne croit pas avoir été suivie. Elle compte s'installer dans un motel à la sortie de Germantown. Mais quelques sièges plus loin, le Mercenaire, sous sa véritable apparence, a tout entendu.

-10-

Scully est retournée à l'entrepôt de Germantown. Elle y entre au moyen d'un passe-partout. L'intérieur paraît complètement dévasté. En s'approchant pour examiner les dégâts, Scully trouve l'une de ces étranges formes flasques que l'assassin écrabouillait sur le plancher la veille. C'est une pochette verte et gluante à laquelle est attaché un tuyau muni d’une étiquette. Scully soulève la pochette. À l'intérieur, elle voit un fœtus qui s'agite. Soudain, elle aperçoit un visage qui l'observe entre deux barils en métal. C'est l'un des médecins sosies qui s'enfuit aussitôt sans demander son reste. «Attendez! Arrêtez! Agent fédéral!», crie Scully, qui a sorti son arme. Le médecin arrête. «Vous ne me tuerez pas.» (L’anglais est plus précis: «You cannot harm us.») Plutôt que de se mettre contre le mur comme elle le lui demande, il ouvre une porte et annonce à ses collègues que tout va bien. D'autres sosies sortent de leur cachette. Ils sont maintenant quatre en tout. «Nous sommes en voie de disparition. Vous nous protégez ou nous mourrons jusqu'au dernier.»

Scully a appelé des renforts. Des voitures de police sont stationnées devant l'entrepôt et les sosies montent dans des véhicules différents. Scully exige une sécurité maximum, pas de visite et pas de journalistes. Le marshall qui dirige les opérations a l'air perplexe, mais il obtempère. Les voitures quittent les lieux. Sur le toit d'un des bâtiments alentour, le Mercenaire observe la scène.

-11-

De retour chez lui, en compagnie de Samantha, Mulder écoute le dernier appel laissé par Scully. Il téléphone au motel où elle compte prendre une chambre, mais elle n'est pas encore arrivée. Il demande qu’elle appelle Fox Mulder dès qu’elle arrivera. Le patron promet de faire le message, mais le temps de casser la pointe de son crayon, il a déjà oublié le nom de la personne à qui il s’adresse. Au même moment, Scully entre dans le motel pour louer une chambre. Bien entendu, elle n’aura pas le message de son partenaire. Elle s’installe dans sa chambre, ferme la porte à clés et se fait couler un bain. Le bruit de l’eau l’empêche d’entendre sonner son téléphone cellulaire.

Au poste de police de Tileston en Virginie, les sosies sont détenus dans des cellules séparées. Un gardien les observe un moment avec curiosité, puis il se retire. Le marshall à qui Scully a confié la sécurité des quatre hommes survient et demande à parler aux «prisonniers». Il envoie le gardien lui chercher un café. Resté seul avec les sosies, il sort de sa poche un stylet à pointe rétractable. On aura compris que c’est le Mercenaire qui a pris une nouvelle apparence.

Il est 11h21 du soir lorsqu'on frappe à la porte de la chambre de Scully au motel. C'est Mulder. Elle le laisse entrer, mais au même moment, son téléphone cellulaire sonne. Scully répond. C'est encore Mulder au bout du fil. Scully reste sidérée. Deux Mulder? Lequel est le bon? Derrière elle, son «partenaire» ferme la porte, lui bloquant la sortie.

À suivre...

Août 2006