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-1-Il est 23 h 23 à New York. Dans un édifice à logements, Dr Saul Grissom (Paul Grissom en version française) somnole devant la télé allumée, lorsquune odeur inhabituelle le tire de sa torpeur. On voit de la fumée passer sous sa porte et envahir peu à peu lappartement. Lhomme se lève précipitamment, veut sortir de chez lui, mais recule de terreur quand il aperçoit les hautes flammes qui lui bloquent le passage dans le corridor. Il sempresse de refermer la porte et se jette sur le téléphone pour appeler les pompiers. Soudain, la porte dentrée sembrase. Grissom se rue vers un placard pour prendre un extincteur. Tout en criant à laide, il asperge copieusement les flammes qui lèchent maintenant les murs. Rien à faire. La porte souvre brusquement, comme poussée par la chaleur. Le feu est partout dans lappartement. On entend au loin sonner lalarme dincendie. Blotti contre un mur, Grissom voit le feu savancer vers lui. Il suffoque et narrive même plus à crier. Les pompiers arrivent dans limmeuble et grimpent les escaliers. Ils croisent des locataires qui évacuent les lieux en sens inverse. Parmi eux se trouve un Noir de haute taille, vêtu de kaki et arborant une cicatrice horizontale sur la nuque. Lhomme sarrête brièvement, tourne la tête et sourit. Les pompiers investissent le sixième étage. Ils sétonnent de ne voir aucune trace dincendie devant le 606. Même la poignée de la porte est froide. Un peu dépité par ce quil croit être une fausse alerte, le chef des pompiers fait défoncer la porte. À lintérieur, tout paraît intact. On trouve lextincteur sur le sol, puis un homme en pyjama dans un coin, assis dos au mur. Le Dr Grissom est mort. -2-Fox Mulder ramasse le journal devant la porte de son appartement. En le dépliant, il voit tomber une cassette audio qui a été glissée entre les pages. Il se baisse pour la ramasser et note quun article du journal a été encerclé au feutre noir. Une photo montre un Dr Grissom souriant sous un titre (que Mulder lit à haute voix en version française): «Mort dun éminent médecin. Pionnier des troubles du sommeil.» Perplexe, il fait jouer la cassette sur un petit magnétophone. Ce quil entend, cest lappel durgence logé plus tôt par le Dr Grissom. Mulder a apporté cette cassette au bureau du directeur adjoint Skinner. Malgré les réticences très visibles de son patron, lagent veut faire ouvrir une enquête sur cette affaire. Il exprime ses arguments sur un ton imperturbable: larticle de journal ne mentionne aucun feu, alors que lappel de Grissom porte sur un incendie; de plus, comme le docteur menait des recherches sur des projets gouvernementaux, le FBI devrait avoir juridiction sur laffaire. Le directeur adjoint lui demande doù vient cette cassette: un des «amis» de Mulder voudrait-il lui laisser croire que cette mort est suspecte? Mulder rétorque froidement quil navait quun seul informateur, et quil sest fait tuer lannée précédente. Skinner hésite, montre un agacement caractéristique, et finit par acquiescer. Il examinera le dossier dici quelques jours. En attendant, il prie Mulder de retranscrire un nouvel enregistrement téléphonique pour le lendemain (le genre dactivités auxquelles lagent est astreint depuis la fermeture des X-Files, comme on la vu dans Little Green Men et dans The Host). -3-Assis devant un magnétophone, Mulder retranscrit les doléances dune femme. Un jeune agent, vêtu dun complet gris assorti dune affreuse cravate rouge, simpatiente devant son bureau. Comme Mulder ne la pas remarqué, le jeune homme finit par linterpeller, et lui remet le dossier de laffaire Grissom. Skinner a enfin autorisé lenquête. Mulder y jette un coup dil et décrète quil doit y avoir erreur, puisquil est écrit quon lui a assigné un coéquipier. «Cest sûrement moi», répond le jeune agent en tendant la main pour se présenter. «Krycek. Alex Krycek.» Mulder ignore la main tendue et réitère quil ne veut pas dun coéquipier. Krycek lui apprend quil a ouvert le dossier sur cette affaire deux heures avant Mulder, ce qui lui donne priorité sur lenquête. Fox jauge son collègue un moment, puis il lui demande sil a déjà parlé à la police de New York. Krycek sort son carnet de notes et répond quil sest entretenu avec un certain détective Horton. Il est aussi au courant que Grissom a appelé le service durgence. Aucune trace dincendie, demande Mulder? Pas même une allumette, répond Krycek. Mulder se lève, met sa veste et remercie le jeune agent pour ses informations. Il na rien contre lui, ajoute-t-il, mais il préfère travailler seul. Mais Krycek se montre très ferme: cest son enquête et il na pas du tout lintention de laisser tomber laffaire. Mulder ninsiste pas. «Daccord», dit-il. Puis il demande à son nouveau «partenaire» daller réquisitionner une voiture. Le jeune agent est surpris: non seulement Mulder lui tend-il la main, mais il décrète quils pourraient maintenant se tutoyer (en anglais, Mulder dit simplement: «Hey, its your party.»). Rassuré, Krycek part chercher la voiture. Mulder le regarde séloigner en esquissant un sourire indéchiffrable. -4-À lAcadémie de Quantico en Virginie, le Dr Dana Scully donne un cours sur les symptômes de lélectrocution, devant un macchabée recouvert dun drap. Un collègue vient linterrompre en lui disant quun certain George Hale la demande au téléphone. (On se souviendra quil sagit du nom demprunt utilisé par Mulder dans lépisode Little Green Men.) Scully se rend aussitôt dans son bureau, décroche le combiné et prononce linévitable: «Où es-tu?» Mulder lui téléphone de laéroport. Il se rend à New York et aimerait bien que son ancienne partenaire vienne le rejoindre, histoire dautopsier un cadavre. (Quant au nouveau partenaire, Alex Krycek, il nest nulle part en vue.) Scully proteste: son dernier cours se termine à 16h30. Mais il en faut plus pour désarmer Mulder. Il na quà lui faire envoyer le corps, dit-il, et elle le recevra vers 17h00. Scully pousse un soupir de résignation et lui demande le nom de la victime. -5-Toujours seul, Mulder sest rendu en taxi à Stamford au Connecticut, au Grissom Sleep Disorder Center (devenu, en français, le Centre Grissom des troubles du sommeil). Une femme médecin, le docteur Charyn (selon le générique), lui explique en quoi consistaient les travaux de la victime. «Le docteur Grissom a ouvert la voie en analysant londe alpha. Il a révolutionné notre conception du sommeil.» Elle semble chagrinée par le décès de cet homme quelle admirait beaucoup. Mulder linterroge sur létat de santé de Grissom et apprend quil souffrait parfois dinsomnies, mais pas dhallucinations. Tout en arpentant les corridors de létablissement, lagent sintéresse à un patient dont limage apparaît sur un moniteur. La femme lui explique que ce patient souffre de terreurs nocturnes et que son traitement consiste à envoyer des ondes électriques au lobe occipital pour produire des visions oniriques ou hallucinatoires. Mulder comprend alors quil est possible, en théorie, de modifier les rêves de quelquun. En sortant du Centre, Mulder se rend compte que son taxi a disparu. On entend une portière claquer. Alex Krycek vient de sortir de la voiture quil a réquisitionnée pendant que Mulder sesquivait. Lair vexé, il informe Mulder que cest lui qui a renvoyé le taxi. «Jai horreur quon me fausse compagnie. Je ne suis pas un pestiféré!» Au lieu de sexcuser, Mulder passe une remarque sarcastique. Mais Krycek poursuit sur sa lancée. «Et au fait, tu savais quà lAcadémie, il y en avait que tu faisais marrer?» Contrairement à ce que pourraient laisser croire ces mots, il na pas lintention dinsulter Mulder. «On était plusieurs à admirer ton travail, à croire en toi, parce que tu nous montrais du doigt la vérité.» Mulder paraît stupéfait. Mais il na pas le temps de répliquer, car son téléphone cellulaire sonne. Cest Scully. Elle lui apprend que Grissom nest pas mort dune crise cardiaque et linvite à la rejoindre pour lui en dire davantage. Mulder coupe la communication, puis il se dirige vers la voiture réquisitionnée, sans un regard pour Krycek. Mais le petit nouveau a pris soin de verrouiller les portières et il agite maintenant les clés sous le nez dun Mulder déconfit. «Où est-ce quon va?», demande-t-il. -6-À Quantico, Scully poursuit lautopsie du corps de Grissom. On la voit peser lestomac de la victime sur une balance électronique, avant de le poser sur une plaque de métal. Mulder entre dans la salle dautopsie. «Prostate ou pancréas?», demande-t-il dun air moqueur. Scully se tourne, amusée, mais son expression se fige lorsquelle voit surgir Krycek. Mulder fait les présentations. Avec un sourire crispé, Scully dit quelle est ravie, mais ignore la main que lui tend le nouveau venu. «Vous remarquerez lattitude combattive du cadavre», commence-t-elle sur un son ton professoral. On peut en effet constater que le Dr Grissom a les deux poings levés. Krycek toussotte et reste un peu à lécart: manifestement, les corps dépecés ne sont pas sa tasse de thé. Mais comme la suite de léchange se fait à voix basse, il doit sapprocher pour entendre. Mulder lui tourne carrément le dos et Scully ne le regarde pas une seule fois. Parlant de la rigidité inusitée du cadavre, elle poursuit à voix basse: «Cette condition ne se présente que plusieurs heures après le décès. Elle est causée par la coagulation de plusieurs protéines suivie immédiatement par une exposition à de très haute températures.» «Comme le feu?», demande Mulder. Scully acquiesce, mais Krycek intervient pour rappeler quil ny a pas eu dincendie. Lépiderme du cadavre na subi aucune brûlure, confirme Scully. Cependant, en ouvrant le crâne, elle a décelé des traces dhémorragies que seules de très hautes températures ont pu causer. Autrement dit, le cadavre présente tous les symptômes secondaires typiques dune victime du feu, mais pas les symptômes primaires. Mulder lui demande si elle a une théorie pour expliquer ce phénomène. Scully avoue quelle ny comprend rien. «Cest comme si son esprit commandait à son corps de croire quil brûlait» («As if his body believed that it was burning»), dit-elle après quelques hésitations. -7-Le soir, quelque part à Brooklyn, un homme est affalé devant une télé allumée. Lappartement est miteux avec ses murs défraîchis et son divan crevé. Lhomme baille longuement et soupire. La caméra sattarde dabord sur son visage ravagé par la fatigue, puis sur une cicatrice horizontale qui lui traverse la nuque. Une voix le fait sursauter. «Tu as laissé la porte ouverte, Willig.» La silhouette qui vient de parler est noyée dans lombre, mais Henry Willig na aucun mal à reconnaître la voix. «Prêcheur?», demande-t-il, lair incrédule. Ce dernier le sermonne sur les dangers dune porte laissée ouverte dans un tel quartier. Willig a lair plutôt content de le voir. Il lui demande des nouvelles et lui offre une bière. Le nouveau venu sort de lombre et nous reconnaissons le grand Noir que les pompiers ont croisé dans lescalier à la fin du prologue. Dun ton joyeux, Prêcheur demande à Willig si tout va bien. «Comment je vais? répond lautre, les yeux larmoyants. Jaimerais... oublier, tu sais? Me sortir tout ça de la tête.» Visiblement, il sagit dune conversation entre deux vétérans partageant un douloureux souvenir de guerre. «Je me bats encore, je tassure, pleure Willig. Jarrête pas de les voir, tu sais. Chaque matin, ils sont là.» De toute façon, ajoute-t-il, «on se reverra tous en enfer». Prêcheur rétorque que ça fait 24 ans quils y sont. Willig dévisage son ancien frère darmes et finit par lui demander ce quil vient faire ici. Il a deviné que son visiteur a tué Grissom, dont il a appris le décès aux nouvelles. Prêcheur lui met la main sur lépaule. «Il devait payer, Henry. Nous aussi, il faudra quon paie pour ce quon a fait là-bas. On ny échappera pas.» Willig regarde vers le fond de la pièce. Une dizaine de paysans vietnamiens en haillons et couverts de sang ont surgi de nulle part et le regardent fixement. De toute évidence, ce sont les victimes du massacre pour lequel il éprouve tant de remords. Prêcheur récite un passage de la Bible, puis il ajoute: «Allons, tout va très bien. Cest la fin de ton calvaire.» Willig sapproche des fantômes impassibles. Aussitôt, ceux-ci pointent des armes automatiques sur lui. Willig les affronte du regard, bien décidé à les laisser en finir. Les armes crachent leurs balles. Le corps de Willig va percuter le mur, mais il ny a pas de traces de sang. Les fantômes regardent le cadavre et Prêcheur ferme les yeux, lair épuisé. -8-Mulder examine une photo du corps de Willig pendant que Krycek lui fait un rapport sur la victime. Les policiers nont découvert aucune trace suspecte, si bien que la cause du décès a dabord été attribuée à une rupture danévrisme. Par contre, lautopsie a révélé 43 hémorragies internes et des os éclatés, sans quaucune marque externe nexplique leur présence. Selon le médecin légiste, cela ressemble énormément à des blessures par balles, même sil ne voit pas ce qui a pu les produire. Mulder sintéresse à la cicatrice de Willig, celle quil porte sur la nuque. Krycek suggère que Willig a pu être blessé au Vietnam, puisquil y était avec les Marines en 1970. À ces mots, Mulder réagit: les Marines nétaient-ils pas basés à Parris Island avant dêtre envoyés au front? Il consulte rapidement le dossier de Grissom: celui-ci se trouvait au même endroit à la même époque, 24 ans plus tôt. Les deux agents font des recherches à la bibliothèque du FBI à New York. Ils apprennent que Willig faisait partie des Forces spéciales de lescouade J-7, qui comportait treize membres. Willig était lun des deux seuls survivants. Il ne reste donc plus quun seul homme qui puisse leur expliquer ce qui sest passé à Parris Island: il sappelle Augustus D. Cole. -9-Mulder et Krycek se sont rendus à lHôpital militaire dOrange (V.A. Medical Center) au New Jersey pour y interroger le médecin traitant dAugustus Cole, le Dr Pilsson (daprès le générique). Celui-ci les conduit jusquà la chambre de son patient, admis il y a une douzaine dannées. La pièce se trouve au sous-sol, dans une partie isolée de lhôpital. Pilsson prévient les agents que son patient nest pas très coopératif. Il explique quil a fallu isoler Cole parce quil interférait avec le traitement des autres patients: «Il interrompait leur sommeil.» Mulder demande comment sy prenait Cole. En anglais, le médecin élude la question. En français, il lance un énigmatique: «Vous allez voir.» Il déverrouille la porte de la cellule, mais, à sa grande surprise, elle est vide. Cole a disparu en abandonnant une Bible sur son lit. Interrogée, linfirmière de garde assure au Dr Pilsson que cest lui-même qui a libéré Cole lavant-veille. Lautre na aucun souvenir davoir fait une chose pareille. Linfirmière lui tend le document de décharge qui porte bel et bien sa signature. Mulder et Krycek jettent un coup dil sur le document et surtout sur la photo de Cole (nous reconnaissons lhomme que Willig appelait Prêcheur). Mulder demande que cette photo soit diffusée. À ce moment, son téléphone cellulaire sonne. Une voix masculine grave celle du mystérieux informateur qui la appelé à deux reprises dans lépisode The Host lui promet des renseignements susceptibles de laider dans son enquête. Linconnu veut rencontrer Mulder. Il insiste pour que lagent vienne seul et sassure de ne pas avoir été suivi. Sinon, il ne se montrera pas. -10-Mulder se présente au rendez-vous. On le voit arpenter une sorte de stade apparemment en rénovation, et dont le centre est en partie occupé par des grues et de lourds véhicules à chenillettes. Quelquun attend dans lombre. Mulder laperçoit. Il lui demande qui il est, mais lautre répond que cela na pas dimportance. Linconnu est un Noir dune quarantaine dannées, vêtu de lincontournable pardessus sombre des agents du gouvernement. Il nest visiblement pas heureux dêtre là et ne se gêne pas pour le faire savoir à Mulder. En lui tendant une enveloppe, il lui explique en termes laconiques que Grissom était mêlé à des expériences militaires ultra-secrètes qui avaient pour but déradiquer complètement le sommeil et de produire ainsi de «meilleurs soldats» («supersoldiers») qui ne dormiraient jamais. La science venait denvoyer un homme sur la Lune à lépoque, et on espérait quelle pourrait aussi procurer la victoire au Vietnam. Willig et Cole ont servi de cobayes à cette expérience. Ils appartenaient à une escouade de treize hommes qui a massacré à elle seule plus de 4 000 «ennemis». Augustus Cole na pas dormi depuis 24 ans, ajoute linformateur (quon appellera désormais Mr X). Cependant, il reste un autre survivant de lescouade J-7 quon a cru décédé à tort, un certain Salavatore Matola. Ayant dit ce quil avait à dire, Mr X tourne les talons et se dirige vers la sortie. Mulder linterpelle pour lui demander comment il pourra le contacter. Mr X se retourne et lui explique sèchement quil ne le pourra pas. Un homme quils connaissaient tous les deux (Deep Throat) est mort en refilant des informations à Mulder, et il na pas lintention de finir ses jours de la même façon. Mr X laisse de plus planer une étrange menace: «Fermer le service et vous séparer de Scully nest quune étape préliminaire pour vous éloigner de la vérité, mais ce sera beaucoup plus dangereux quavant.» -11-Il fait nuit et Mulder revient de son rendez-vous avec Mr X. Lorsquil arrive près du motel où il loge avec Krycek, celui-ci lintercepte et lui fait signe quil veut monter dans la voiture avec lui. Mais avant que Krycek nait ouvert la portière, Mulder glisse rapidement sous son siège le dossier que lui a refilé Mr X. (Il est clair que la confiance ne règne pas entre les deux agents.) Krycek sasseoit à côté de Mulder et lui apprend quun homme correspondant au signalement de Cole a été repéré alors quil cambriolait une pharmacie. La police laurait plus ou moins coincé dans un motel à proximité (en réalité, il sagit plutôt dun hôtel ou dune maison de chambres). Quand Krycek demande à Mulder où il était passé, celui-ci ne répond pas. Lhôtel où se terre Cole est bourré de policiers. Linspecteur Horton explique aux agents du FBI quon les a attendus pour donner lassaut. Il précise que Cole na pas volé dargent dans la pharmacie, uniquement une boîte de pilules. Au même moment, une voix masculine crie: «Pas un geste!», et deux coups de feu sensuivent. Horton, Mulder et Krycek, revolver au poing, se précipitent à létage supérieur. Deux policiers sont étendus à terre, sérieusement touchés. Des collègues tentent de les réanimer pendant que la voix de lopératrice confirme lenvoi dambulances. Mulder se dirige vers une fenêtre ouverte. Cole se trouve plusieurs mètres sous lui, hors dhaleine et hors de vue. Krycek annonce à Mulder que les deux policiers blessés se sont mutuellement tirés dessus. Personne ny comprend rien. -12-Scully a reçu de Mulder une copie du dossier secret. Elle tape à lordinateur ses commentaires sur les expériences menées à Parris Island. Elle note en particulier que le traitement neurochirurgical destiné à supprimer le sommeil impliquait lablation dune partie du cervelet, ce qui expliquerait la cicatrice dHenry Willig. Elle ajoute quon devrait remarquer une cicatrice similaire sur Augustus Cole. Enfin, si ce dernier na dérobé à la pharmacie que des antidépresseurs, cest sans doute en raison des «déficits organiques» provoqués par le manque de sommeil. Ces médicaments maintiennent en effet un niveau constant de sérotonine dans le sang, «la sérotonine étant la principale substance produite durant le sommeil.» Le téléphone sonne, cest Mulder. Scully manifeste un certain scepticisme à légard des expériences de Parris Island, surtout quelles nexpliquent pas les résultats des autopsies de Willig et de Grissom. Elle admet cependant quil est possible de produire des hallucinations chez une personne par la stimulation de son cortex au moyen de simples courants électriques. Et si ce phénomène pouvait être provoqué à distance? suggère Mulder. Cole a pu développer la capacité de projeter son inconscient, de donner réalité à son imaginaire. Scully hoche la tête, mais elle ne se donne pas la peine de le sermonner. Mulder aura bien plus de chances de capturer Cole, affirme-t-elle, en dressant de lui un bon vieux profil pour tenter danticiper ses comportements. Il en convient. Il sapprête à raccrocher lorsque Krycek lui fait signe de sen venir. Scully en profite pour lui demander ses impressions sur son nouveau partenaire. «Il fera laffaire, répond Mulder. Il est encore un peu jeune, il ne sait pas encore comment shabiller, mais il est plus ouvert aux affaires paranormales...» «Que moi?», enchaîne Scully. «Que je ne le supposais au départ», répond Mulder. Tous deux sourient. Scully lui dit quil pourra enfin mener ses enquêtes comme il lentend, sans risquer de voir démolir toutes ses belles théories. Mulder acquiesce: «Ce qui me surprend, dit-il toujours avec ironie, cest que jai pu te supporter si longtemps.» Un moment de silence suit cet aveu. Les deux agents hésitent à rompre la communication. Et quand ils le font enfin, cest avec regret et nostalgie. -13-Salvatore Matola, lautre survivant de lescouade J7, travaille au 2 Jays Café, une dînette de routiers. Mulder et Krycek entrent pour linterroger. Matola est tellement nerveux suite aux meurtres de Grissom et de Willig quil simagine dabord que les agents sont venus pour le tuer lui aussi. Une fois le malentendu dissipé, il accepte de répondre aux questions des agents pendant sa pause. Quand lhomme lui tourne le dos Mulder remarque la cicatrice horizontale qui lui barre la nuque. Assis à une table, Mulder et Krycek écoutent le récit de Matola. Les auteurs de lexpérience ont expliqué aux soldats que ce serait comme de vivre une deuxième vie. Au début, les membres de lescouade ont pleinement profité de cette libération complète de sommeil. Les patrouilles pouvaient durer 24 heures daffilée et chaque soldat éprouvait un sentiment dinvulnérabilité. Les coups de fatigue se réglaient en prenant de la sérotonine. À la longue, lescouade a fini par refuser dobéir aux ordres du haut commandement, préférant sinventer des missions et se donner ses propres objectifs. Cest ainsi que le groupe a massacré des paysans, des femmes et les enfants dune école près de Phu Bai. Personne ne les en a empêchés. («No one ever tried to stop you?», demande Krycek en version originale; en version française, il dit «Aucun de vous na essayé de lempêcher?», ce qui est un peu différent.) Les deux agents paraissent plutôt mal à laise dentendre ces histoires, mais Matola a lair encore plus misérable de les raconter. Quand Mulder lui dit quon soupçonne Augustus Cole davoir assassiné le Dr Grissom et Henry Willig, Matola se montre surpris. Il explique que Cole était surnommé Prêcheur, parce quil citait toujours des passages de la Bible et quil assurait ses camarades quils paieraient un jour pour ce quils faisaient. Cest Grissom qui a transformé les soldats en «monstres», ajoute Matola, mais il y avait aussi un autre médecin, le Dr Girardi, qui procédait à lintervention chirurgicale elle-même. «Cest la faute de ce type, si jai pas dormi une nuit en 24 ans.» -14-Un peu plus tard, alors quils sont coincés dans un embouteillage, Mulder fait le point: «Cole simagine être un ange redresseur de torts. Dans son esprit, ceux qui sont responsables de ces atrocités directement ou indirectement doivent être punis.» Krycek ne comprend pas pourquoi Cole choisit de se manifester maintenant. «Phu Bai fut le massacre le plus sanglant de la guerre, rappelle Mulder, plus de 300 enfants assassinés.» Or cette tragédie sest produite «il y a exactement 24 ans avant-hier». Le cellulaire de Mulder sonne. Cest Scully, qui lui apprend quelle a repéré le Dr Francis Girardi. Lhomme arrive à New York en train pour assister à lenterrement de Grissom ce soir même à 19h30. Mulder demande que la photo de Girardi soit envoyée à la sécurité pour quon sache à quoi il ressemble. Lheure avance et lembouteillage ne donne aucun signe de vouloir diminuer. Il est 19h35 lorsque Mulder et Krycek arrivent en courant à la gare du Bronx pour intercepter le Dr Girardi. Des gens descendent dun train. Mulder et Krycek se séparent pour surveiller les deux côtés du quai. Augustus Cole se trouve quelques mètres plus loin. Il fait semblant de téléphoner, mais il surveille le quai lui aussi. La foule continue de défiler, mais ni Mulder ni Krycek narrivent à repérer Girardi. De plus en plus nerveux, Mulder remarque soudain quelquun qui pourrait être son homme. Il sapproche en contournant comme il peut les voyageurs qui arrivent en sens inverse. Il aperçoit soudain limmense silhouette de Cole qui se dresse derrière Girardi. Mulder sort son arme en hurlant: «Pas un geste!» La foule prend panique, des gens hurlent. On voit Cole abattre Girardi dans le dos avant de faire feu sur Mulder. Krycek rapplique à toute allure et trouve Mulder étendu sur le sol. Lagent est inanimé et lon pourrait croire quil a été touché, mais il se réveille en sursaut et demande immédiatement des nouvelles de Girardi. Krycek est confus. Il na pas vu les choses de la même façon. Selon lui, Mulder sest mis à hurler et à tirer tout à coup sans raison, alors que Girardi nétait nulle part en vue. Mulder proteste: il a vu Girardi ainsi que Cole, assure-t-il. Mais alors, où sont-ils donc passés tous les deux? -15-Les agents essaient de tirer tout ça au clair en regardant des bandes vidéos enregistrées par les caméras de sécurité de la gare. Mulder demande à des policiers dobserver le film des événements minute par minute, entre 19 h 35 et 19 h 45. Krycek lui demande des explications sur ce qui sest passé un peu plus tôt. Il tient aussi à savoir ce que sait son équipier dans cette affaire. Mulder finit par lui avouer quil pense que Cole a la capacité de manipuler «les sons et les images pour générer des illusions suffisamment convaincantes pour tuer». Krycek encaisse lexplication sans trop sourciller. «Cest encore plus dingue que les images de synthèse», blague-t-il. Lun des policiers a remarqué quelque chose sur les enregistrements. Il appelle Mulder et lui montre une voiture qui apparaît brusquement à lécran à 19h43. Cest sur la voie 17, une voie normalement fermée aux usagers. La voie 17 est plongée dans une obscurité quasi totale. Le docteur Girardi est ligoté à un poteau, pendant quAugustus Cole sort un arsenal impressionnant de couteaux. Le médecin se doute bien des motivations de son kidnappeur. Il implore la pitié, invoquant lexcuse consacrée des militaires, celle de navoir fait que suivre les ordres. Cole perd de sa contenance, cite la Bible et frappe Girardi. On entend un curieux bruit métallique. Girardi demande qui est là, mais même sil a perdu ses lunettes, il discerne des ombres au sol qui sapprochent. Il comprend enfin que ce sont les soldats quil a charcutés autrefois. Cole clame quil paiera pour chacune de ces vies, «il pour il, dent pour dent». Sans un mot, les soldats fantômes semparent des couteaux et sapprêtent à procéder à leur propre intervention chirurgicale sur le médecin, maintenant résigné. -16-Mulder et Krycek arrivent en trombe sur la voie 17. Ils arrêtent leur voiture à côté de celle quon a vue à lécran. Ils entendent Girardi hurler au loin et partent à sa recherche en séclairant de leur mieux avec leurs lampes de poche. Ils finissent par trouver les lunettes de la victime par terre. Un peu plus loin, des traces de sang au sol conduisent jusquau corps affaissé et ligoté de Girardi. Mulder sassure quil est toujours en vie, malgré la blessure quon lui a infligée au cou. Il demande à Krycek de soccuper de lui et dappeler les secours, pendant quil se lance lui-même à la poursuite de Cole. Prêcheur se tient debout sur une corniche surplombant une sorte de cour ferroviaire désaffectée où sentassent des pièces de métal. Cest là que le retrouve Mulder. Lagent pose sa lampe au sol et savance, le revolver pointé vers Cole, à qui il ordonne de reculer dun pas. Mais ce dernier, Bible en main, se retourne pour lui faire face et lui demande de le tuer. Mulder essaie de le raisonner en posant son arme. En fait, il veut seulement discuter avec Cole; lhomme pourra faire ensuite ce qui lui chante (comme se jeter dans le vide?). Cole exprime son désarroi. Il se plaint de ne plus être lui-même et de ne jamais pouvoir récupérer ce quon lui a enlevé. Mulder voudrait continuer de lamadouer, mais il nen a pas le temps. Krycek savance derrière son collègue le revolver braqué sur Cole. Mulder lui ordonne de ficher le camp, mais le jeune agent continue davancer. Mulder se rend compte que Prêcheur manipule lesprit de Krycek en lui faisant croire quil lui tient lui aussi un revolver dans sa main à la place dune Bible. Krycek abat Cole qui sécroule sur la corniche. Mulder se penche sur lui et entend les dernières paroles quil prononce avant de mourir: «Bonne nuit.» Krycek a lair consterné. «Il allait tirer. Il voulait te descendre.» Mulder le rassure, sans conviction: «Oui, tu as bien fait.» -17-La police est arrivée sur les lieux. Mulder, lair dépité, monte dans sa voiture. Il passe la main sous son siège et se rend compte avec fureur que le rapport secret que lui a remis Mr X a disparu. Plus tard, au siège général du FBI à Washington, Scully linforme quon a fouillé son bureau, ses archives, son ordinateur. Tout a disparu, y compris sa propre copie du rapport. Mulder na plus rien pour poursuivre son enquête. Il parle à Scully de son nouvel informateur et répète ses paroles à propos des nouveaux dangers qui planent sur eux. Quand Scully lui demande sil fait confiance à cet homme, Mulder pousse un soupir mais ne répond pas. Dans un bureau sombre, trois silhouettes masculines sont réunies à lextrémité dune très longue table de conférence. En tête se trouve lHomme à la cigarette, qui vient de feuilleter le rapport secret volé à Mulder. «Savez-vous comment il a eu ce rapport?», demande-t-il à un quatrième homme, à lautre bout de la table. Non, répond lautre, ajoutant que Mulder sest trouvé un nouvel informateur, ou quun nouvel informateur la trouvé. Lorsque la caméra nous fait enfin voir son visage, on découvre que ce quatrième homme nest nul autre quAlex Krycek. Le jeune agent a lair un peu moins juvénile et affiche maintenant une expression sournoise et déterminée. Il a fait des recommandations, rappelle-t-il, et suggéré plusieurs mesures impératives à propos de Mulder et de Scully. «Le fait de les avoir mutés dans des services différents na fait quaccroître leur détermination.» Quant à Scully, elle est devenue un problème plus grave que prévu. LHomme à la cigarette, le visage noyé dans lombre, reste pensif un moment avant de laisser tomber: «À chaque problème sa solution.» Puis il écrase sa cigarette dans le cendrier. Octobre 2005 |
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