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Dans un club de danse branché de Washington, un jeune homme d’affaires new-yorkais en quête de distractions extra-conjugales tente sa chance auprès d’une jeune blonde, qui l’envoie promener. Déçu, il consulte son horoscope sur une machine vidéo. C’est alors qu’une brunette frisée l’approche. Il y a un moment déjà qu’elle le lorgne: on a vu ses yeux en gros plan à quelques reprises, puis son visage, à côté d’un poster de Giger. Au début, le jeune homme reste indifférent à ses avances, mais lorsqu'elle commence à lui caresser doucement la main avec son pouce, le voilà complètement subjugué. L'inconnue sourit, leurs visages se frôlent un moment, puis ils partent tous les deux, main dans la main.

On les retrouve au lit dans un hôtel, quelques heures plus tard. Des gémissements de circonstance laissent comprendre qu’ils viennent d’avoir une relation sexuelle. La fille, légèrement vêtue, se lève et se dirige vers la douche. Mais elle n’y entre pas. Son amant est encore en extase. «C’est vraiment incroyable!», s’écrie-t-il, au paroxysme de l’enthousiasme. Mais presque aussitôt, il est pris d’étranges convulsions. La fille, dont on ne voit que les yeux et l'épaule gauche, reste immobile, tout en le regardant geindre de douleur. L’homme étouffe et porte une main à sa gorge. On entend les palpitations accélérées de son cœur. Puis une substance mousseuse lui sort de la bouche. Enfin, les battements cardiaques cessent. Toujours dans l’ombre, sa conquête commence à retirer son vêtement. La caméra descend lentement le long de ses jambes, jusqu’à ses pieds. La fille se dirige vers le lit pendant que s'opère chez elle une métamorphose. Ses jambes deviennent plus allongées et musclées. Lorsque la caméra remonte, on se rend compte que l'inconnue s'est transformée en jeune homme. Celui-ci enfile tranquillement les vêtements du mort.

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Le lendemain, la police cherche des indices dans la chambre d’hôtel. Mulder et Scully s’y trouvent eux aussi. Pendant que son partenaire enfile des gants et se penche sur le cadavre, Scully écoute les explications du lieutenant Horton: après avoir appelé sa femme à New York pour lui souhaiter bonne nuit, l’homme d’affaires s’est rendu dans un bar draguer une «poule» («some chippy») et il l’a emmenée ici. À partir de là, tout devient surréaliste («nothing makes a lot of sense»). Les enregistrements des caméras de sécurité montrent que la victime est entrée dans la chambre avec une femme, à 22 h 13. Mais c’est un homme qui en est sorti vers minuit. Mulder  prélève sur le cadavre les extraits de la mystérieuse mousse que la victime a dégurgitée et qui lui a rongé le tour de la bouche. Scully demande si l’on connaît la cause du décès. Selon le médecin légiste, il y aurait eu rupture d’une artère. Apparemment, commente Horton sarcastique, ils ne sont pas ennuyés («Must have been some roll in the hay...»). Mulder lève un moment la tête pour voir si Scully va réagir à cette remarque. Celle-ci prend en effet un air pincé et ajoute: «Dire qu’à notre époque il y a encore des gens qui peuvent faire l’amour avec le premier venu!» Scully demande ensuite s’il y a eu vol. L’homme qui est sorti de la chambre a emporté les vêtements et la valise de la victime. Le portefeuille aussi a disparu. Mulder remarque la présence de profondes éraflures sur la poitrine du mort. Pendant qu’il passe un coton-tige sur les plaies, Scully s’étonne qu’on ait fait appel à eux pour ce qui semble être une banale affaire de mœurs. Horton répond qu’un mémo au FBI a circulé, il y a une semaine, demandant que toutes les affaires présentant ce type de caractéristiques soient dirigées vers les deux agents. Mulder — manifestement à l’origine de ce mémo — remercie le policier.

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En fait, des crimes similaires ont déjà eu lieu. Un peu plus tard à son bureau, Mulder montre à Scully les photos d’autres victimes, deux femmes et trois hommes, mortes dans des circonstances similaires, en pleine euphorie sexuelle. On voit très bien que l’une d’elles a le dos lacéré et la bouche ravagée. Cause du décès: thrombose coronarienne dans chaque cas. Scully demande s’il n’y a pas une nouvelle drogue en circulation. Mulder affirme qu’il s’agit plutôt de phéromones, substances chimiques qu’émet un animal pour attirer des partenaires. Or, les phéromones qu’on a trouvées sur les victimes avaient une concentration bien supérieure à celles qui existent dans la nature. Chose plus stupéfiante encore, elles contenaient de l’ADN humain. Scully rappelle qu’il n’a pas été prouvé que l’être humain pouvait produire des phéromones. Mais si c’était le cas, rétorque Mulder, l’auteur de tous ces ravages serait une «vraie sex-machine ambulante» («he’s the ultimate sex magnet»).

«Lui ou elle?», demande sa collègue. Mulder lui montre sur une carte que la série de crimes se déplace vers le sud, allant de Boston à Washington. Mais l’astucieux agent a surtout établi un lien entre tous ces crimes récents et un meurtre identique, commis un an auparavant près d’un petit patelin appelé Steveston dans le Massachusetts. Or, c’est à cet endroit que réside une communauté isolationniste appelée les Âmes Sœurs (The Kindred) qui, comme la célèbre secte des Amish, refuse l’électricité et tout le confort moderne. Pendant qu’il parle, Mulder projette une série de diapositives d’hommes et de femmes d’allure austère, tous habillés de noir. S’il s’intéresse à eux, c’est que les membres de la secte sont réputés pour leurs poteries, fabriquées avec une argile qu’on ne retrouve que dans cette région. Or, Mulder a retrouvé des traces de cette argile dans les éraflures du dos de la dernière victime. Scully s’étonne que des gens aussi connus pour leur abstinence et leur moralisme chrétien soient impliqués dans de sordides meurtres sexuels. «Il y en a sûrement un parmi eux qui a négligé de se curer les ongles», répond Mulder.

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Les deux agents se rendent à Steveston, une toute petite ville située dans une région forestière du Massachusetts. Ils entrent d’abord dans un magasin tenu par un couple âgé. Ils expliquent qu’ils sont des agents fédéraux enquêtant sur un meurtre éventuel («a possible murder»). Des meurtres, il n’y en a pas beaucoup par ici, leur dit la femme. Mulder aperçoit au mur, derrière le comptoir, des photos en noir et blanc de membres de la communauté des Âmes Sœurs. Il demande à la femme ce qu’elle sait de ces gens. C’est l’homme qui lui répond que les Âmes Sœurs ont la réputation d’avoir des cérémonies bizarres du genre vaudou. Quant à lui, il n’a rien à leur reprocher. Ils attirent les touristes. Mulder demande si les photos au mur ont été prises avec l’autorisation des intéressés. Non, elles remontent aux années trente, lui répond encore l’homme. Mulder jette un coup d’œil sur quelques-unes d’entre elles. Puis il se fait donner un plan pour se rendre au village des Âmes Sœurs.

À cet instant arrive en ville une charrette tirée par deux chevaux blancs. Ce sont des membres de la secte qui viennent à l’épicerie faire leurs courses. Ils sont sept à bord, quatre hommes et trois femmes, tout de noir vêtus. L'un d’entre eux, Frère Andrew, reste à l’extérieur pour surveiller les chevaux, pendant que les six autres font leurs courses. Mulder essaie d’interpeller les trois femmes qui entrent dans l’épicerie, mais sans succès. Scully va trouver Frère Andrew et tente de lier conversation avec lui. Le garçon se montre d’abord timide: «J’ai pas le droit de parler aux étrangers.» Mais lorsque Scully lui tend la main pour se présenter («C’est une main, pas une arme.»), il accepte de tendre la sienne. Presque aussitôt, il se met à lui caresser le dessus de la main avec son pouce, comme l’a fait la brunette frisée dans le prologue. Scully réagit étrangement. Ses yeux deviennent vitreux, comme si on venait de la droguer. La manœuvre est interrompue par l’arrivée des autres Âmes Sœurs qui ont terminé leurs courses. Le groupe finit par quitter Steveston dans sa charrette. Mulder, qui n’a rien pu tirer de ces gens, se rend compte que sa partenaire a un air bizarre. Elle-même ne se sent pas dans son assiette: «Tout ça n’est pas normal» («There’s something up there»), dit-elle. La réponse de Mulder en français, «Ça fait des années que je te le dis», n’a pas beaucoup de sens, puisque les deux agents ne se connaissent que depuis quelques mois. La réponse véritable est «I’ve been saying that for years.» («Ça fait des années que je le dis.»)

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En route vers le village des Âmes Sœurs, Mulder doit arrêter sa voiture en pleine forêt, parce que le chemin devient impraticable. Selon la carte, ils ont encore deux kilomètres (1 mile, en anglais) à faire à pied pour atteindre leur destination. Mais les indications qu’ils suivent doivent être erronées, car, une fois la distance parcourue, il n’y a toujours pas de village en vue. Frustré, Mulder chiffonne sa carte et la jette en l'air, mais Scully la rattrape au vol. C’est alors qu’une dizaine d’hommes et de femmes en noir surgissent autour d’eux. Scully prend peur et s’écrie: «Nous sommes des agents du FBI!» Et elle ajoute: «Ne vous approchez pas. Veuillez rester à distance je vous prie.» Mais les nouveaux venus, dignes représentants des Âmes Sœurs, ne sont pas là pour les attaquer. Un homme, Frère Oakley, leur dit que les armes sont prohibées dans leur secteur. Les agents ne pourront aller plus loin à moins qu’ils ne consentent à les remettre au Conseil. Mulder et Scully refusent. Survient Sœur Abigail, une femme au visage paisible, mais autoritaire. Elle rassure les agents en leur disant qu’ils sont les bienvenus. Elle les invite même à venir prier avec la communauté, mais il n’est pas question qu’ils soient armés. Mulder et Scully tergiversent encore un peu, mais, devant la résolution du groupe qui les encercle, ils finissent par obéir et déchargent leurs revolvers. «Maintenant, dit Sœur Abigail, il n’y a plus aucune raison d’avoir peur.»

Quelques fermes, des champs de foin, des villageois (tous adultes) vêtus de noir qui se livrent à des occupations rustiques — coupe du bois, séchage du linge en plein air —, tel est le village des Âmes Sœurs. Le ciel est gris et l’atmosphère, pluvieuse. Mulder et Scully suivent leurs hôtes dans une maison éclairée par des lampes à huile. Ils se mettent à table avec huit membres de la communauté, dont Frère Andrew et Sœur Abigail. Au bout de la table, un homme, Frère Aron, semble être pris d’une forte toux. Après la prière, prononcée par Sœur Abigail, Mulder veut leur parler de son enquête. Sa partenaire et lui ont des questions à poser, dit-il, à propos d’un meurtre. Ils ont des photos qui ont été prises par les caméras de sécurité de l’hôtel. Sœur Abigail rétorque que les photos sont interdites ici. De son côté, Frère Andrew semble porter intérêt à cette histoire. Il veut en savoir plus sur les meurtres qui ont été commis. Mais Frère Wilton, un autre membre de la communauté, se fâche. «Votre monde n’a aucun intérêt! Nous n’avons pas besoin de votre violence et de vos questions.» Il conteste même la présence des agents parmi eux. Sœur Abigail se fâche à son tour, mais plus froidement. «Purge ton âme de ta colère, Frère Wilton!», ordonne-t-elle. Après un lourd moment de silence, Mulder cherche à dissiper le malaise en assurant Sœur Abigail qu’il n’a pas pris ombrage de ces remarques. Soudain, à l’autre bout de la table, Frère Aron se met à étouffer. Il n’arrive plus à respirer. En bon médecin, Scully veut se porter à son secours, mais les Âmes Sœurs la retiennent. «Il n’a pas besoin de votre aide», dit Sœur Abigail. «Nous veillons sur nos propres frères», ajoute Frère Andrew. Le corps de Frère Aron est amené hors de la pièce.

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ans transition aucune, on se transporte dans l’univers bruyant d’un club de danse, sans doute le même que celui du prologue. Le jeune homme qu’on a vu prendre les vêtements de la victime avant de s’enfuir est ici, à la recherche d’une nouvelle proie. Il drague une blonde qui commence par refuser ses avances. Mais quand il se met à lui caresser la main avec son pouce, elle le suit.

Munis de lanternes rouges, les membres de la communauté reconduisent Mulder et Scully dans la forêt, là où ils les ont accueillis la première fois. En passant devant Frère Wilton, Mulder lui dit ironiquement: «Merci pour votre coopération.» Chemin faisant, alors que Scully a bien hâte de retourner à la civilisation, Mulder exprime son scepticisme à propos des Âmes Sœurs. Leur comportement sent la mise en scène, croit-il. Ces gens dissimulent quelque chose. Un fait bien curieux a attiré son attention, l’absence d’enfants dans le village. Plus curieux encore, il y a ces photos accrochées au mur du magasin à Steveston et qui remontent en principe aux années 1930: Mulder est certain d’avoir reconnu plusieurs de ces visages au village des Âmes Sœurs. Scully émet l’hypothèse qu’il peut s’agir du résultat de mariages consanguins, mais son partenaire semble avoir une autre idée qu’il ne livre pas. Il éteint sa lanterne et décide de retourner au village jeter un coup d’œil. Scully le suit sans hésiter.

Les bâtiments de ferme semblent déserts. «Ils sont peut-être allés au cinéma», blague Mulder. On entend un bourdonnement de prières dans le lointain. Une procession d’Âmes Sœurs se dirige vers une grange éclairée de lumières rouges. Une fois tout le monde entré, les portes se referment. Les deux agents s’approchent d’une fenêtre pour regarder à l’intérieur. On ne peut pas voir grand-chose, mais il s’agit apparemment d’une cérémonie funèbre, car on transporte le corps de Frère Aron. Au bout d’un moment, bon nombre de membres de la communauté finissent par quitter la grange en passant par la porte. Les autres semblent avoir disparu. Quand il croit qu’il ne reste plus personne dans la grange, Mulder décide de s’y risquer. Demeurée à l’extérieur, Scully continue d’observer ce qui se passe par la fenêtre. Soudain, une main la saisit fermement par derrière. C’est Frère Andrew qui l’invite à venir avec lui. «Je vous donnerai des informations», dit-il. Sans un mot, Scully se met à le suivre.

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Pendant ce temps, Mulder a trouvé une lanterne et descend dans une cave située sous la grange. Il emprunte ensuite une sorte de tunnel souterrain étroit. On entend toujours des prières. Pendant ce temps, Frère Andrew conduit Scully dans sa chambre. Il lui révèle qu’il connaît le meurtrier. C’est Frère Martin, ou Marty comme il surnomme son meilleur ami.

Toujours dans le tunnel, Mulder épie le déroulement du rituel funéraire des Âmes Sœurs. Il voit des membres de la communauté enduire le corps nu de Frère Aron d’une sorte de pâte faite d’eau et d’argile, possiblement la même que celle dont ils se servent pour leurs célèbres poteries. De son côté, Frère Andrew poursuit son échange avec Scully. Il veut savoir de quelle façon sont mortes les victimes de Marty. En apprenant qu'il s'agit d'arrêts cardiaques, il affirme que c'est un poison qui les provoque. Soudain, il bloque la porte de sa chambre avec une chaise. Scully le regarde faire avec appréhension. «J’ai quelque chose à vous montrer», dit-il. Retour à Mulder qui observe toujours le rituel des Âmes Sœurs. Le corps de Frère Aron est transporté dans une sorte de salle de pierre naturelle. Lorsque tout le monde est parti, Mulder entre à son tour dans cette salle.

Ce que Frère Andrew voulait montrer à Scully, ce sont des magazines (des «immondices», comme il dit) que Marty et lui ont trouvés un jour sur le bord de la route. Ce sont ces revues qui ont corrompu Marty et qui l’ont incité à quitter son monde pour devenir «l’un des vôtres».

Mulder examine la pâte dont se sont servies les Âmes Sœurs pour badigeonner Frère Aron. Il la porte même à sa bouche pour y goûter. Il remarque des ouvertures dans la paroi de pierre. L’une d’elle, en particulier, laisse filtrer une lueur à travers une sorte de membrane élastique. Mulder ne peut poursuivre plus longtemps son investigation, car il entend quelqu’un venir. Il récupère sa lanterne et remonte le tunnel. Mais d’autres Âmes Sœurs descendent en sens inverse. Mulder trouve une cavité dans laquelle se réfugier. Deux membres de la secte passent tout près de lui. L’un des deux est Frère Wilton, à qui on apprend que «la femme» (Scully) est revenue et qu’elle se trouve dans la maison avec Frère Andrew. On cherche «l’autre». Toujours blotti dans sa cachette, Mulder attend que les deux hommes soient passés. En se retournant, il aperçoit le corps de Frère Aron, couché sur le dos. Le visage du mort a étrangement rajeuni, ses cheveux ont poussé. Puis il ouvre les yeux.

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Scully pose des questions insistantes à Frère Andrew sur la façon dont Marty tue ses victimes. Elle croit que ça a rapport avec ce qu’elle a vu dans la grange juste avant. Andrew regarde par la fenêtre. Il hésite à parler. Finalement, il se dirige vers Scully et entreprend de lui caresser la main.

Mulder a réussi à quitter la grange. Comme il voit de la lumière dans la maison principale du village, il s'approche en appelant sa partenaire. Pas de réponse. Si Scully n’entend pas, c’est qu’elle est terrassée par l’attaque aux phéromones que lui fait subir Frère Andrew. En fait, on assiste à ce qui aurait pu conduire à un viol. Frère Andrew s’est jeté sur elle et n’en est encore qu’aux premières manœuvres lorsque survient l’héroïque Mulder qui défonce la porte et repousse l’agresseur. Il saisit dans ses bras une Scully complètement hébétée, la blouse à moitié détachée, et l’emmène avec lui. En sortant, les deux agents se heurtent à la communauté des Âmes Sœurs qui paraît s’être rassemblée au grand complet pour leur bloquer le chemin. On se mesure du regard un moment. Sœur Abigail émet un avertissement sévère. «Je vous rappelle que ce qui se passe ici est notre affaire.» Mulder n’insiste pas. Les Âmes Sœurs consentent à ouvrir les rangs pour laisser passer les intrus. Mulder entraîne Scully, toujours dans les vapes. En quittant le village, il lui demande ce qu’elle faisait là-bas (avec Frère Andrew). Elle répond qu’elle n’en sait rien puis, brusquement, elle se détourne pour aller vomir.

On revient au club de danse (toujours le même) où, au milieu des stroboscopes, on voit un jeune homme appelé Michael parler au téléphone. Cette fois, c’est la brunette frisée du début qui vient le racoler en usant toujours du même procédé.

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Mulder a arrêté la voiture devant un restaurant près de Steveston. Il apporte un café à Scully et lui demande si ça va mieux. «Je suis un peu gênée à vrai dire», répond-elle. Mulder se fait insistant: pourquoi n’est-elle pas sortie de la chambre? Scully n’en est pas trop sûre elle-même. Mulder a l’air perplexe. Pour sa part, il a découvert que Frère Aron était encore vivant et qu’il semblait avoir commencé à subir une transformation. On aurait dit qu’il allait changer de sexe, ce qui, aux yeux de Mulder, expliquerait le mystère de la caméra de surveillance. Puis il revient à la charge avec ce manque de tact dont il a le secret: «Je sais ce que j’ai vu, Scully. Et je t’ai vu sur le point de faire des folies de ton corps avec le premier venu.» («I saw you about to do the wild thing with some stranger.») Scully paraît complètement désemparée. Elle se demande si Frère Andrew l’aurait tuée après. «Il est possible que ce soit l’extase qui tue» («maybe it’s the sex that kills»), répond Mulder. Mais alors, pourquoi les a-t-on laissés partir? Mulder n’en sait rien.

Pendant ce temps, Michael et la brunette s’embrassent passionnément, non pas dans une chambre d’hôtel, mais dans une voiture. Un policier les interrompt et leur demande de sortir. La fille obéit. Soudain, Michael se met à avoir des convulsions. L’agent de police veut intervenir, mais la fille lui envoie un solide crochet à la mâchoire. Toujours à l’intérieur de l’auto, Michael essuie la buée sur la vitre pour voir ce qui se passe. Il s’aperçoit que sa compagne est devenue un homme et qu’elle/il vient de frapper de nouveau l’agent. Tous deux se regardent un moment. Puis le jeune homme, toujours vêtu en femme, s’enfuit en courant.

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À l’hôpital le lendemain, Mulder et Scully interrogent Michael sur ce qui s’est passé. D’abord, la fille qui l’a racolé n’était pas si jolie: il ne lui aurait donné que 3 sur une échelle de 1 à 10! Mais elle avait quelque chose d’électrique au toucher. Michael prétend ne se rappeler de rien d’autre. Mulder lui tend une perche: y a-t-il quelque chose qu’il pourrait ajouter, une information qu’il souhaiterait ne pas voir figurer dans un rapport de police? C’est alors que Michael avoue — à sa grande honte — que la personne qui s’est enfuie ressemblait à «un mec». De toute évidence, il a pris le métamorphe pour un travesti. Scully elle-même se range confortablement à cette hypothèse.

Une policière vient alors les avertir que la carte de crédit volée à la dernière victime vient d’être utilisée dans un restaurant tout près. Les deux agents se précipitent sur les lieux.

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Dans une chambre d’hôtel, Marty — version femelle — s’adresse à sa plus récente victime, un homme couché sur le dos dans le lit et qui est déjà mort. «Toucher un être humain, homme ou femme, est une expérience aussi forte pour moi que pour toi», dit-elle. «Ton monde offre des plaisirs que nous ignorons parce que nous sommes différents.» Elle ajoute que les autres la retrouveront, car «le jour approche et ils ne repartiront pas sans moi».

Armés, Mulder et Scully montent l’escalier. Mulder défonce la porte d’un coup de pied et entre dans la chambre en hurlant. Il ne trouve que le cadavre. Marty, qui s’est cachée, surgit brusquement, frappe Scully et se sauve par l’escalier. En voulant la poursuivre, Mulder reçoit un solide direct à la mâchoire. Il tombe et voit son attaquante se métamorphoser en homme sous ses yeux. Marty lui donne encore un coup de pied au visage et s’enfuit (en caleçons) par l’escalier. De son côté, Scully s’est ressaisie et se lance à son tour à la poursuite du meurtrier. Elle sort de l’hôtel par la porte arrière et commence à arpenter la ruelle. Elle aperçoit brièvement des ombres sur un mur, puis elle se retrouve face à face avec Marty. Elle crie qu'elle est armée. Marty s’arrête, puis recule. Des hommes en noir surgissent de l’ombre et se jettent alors sur lui. Scully tient tout le monde en joue et ordonne aux nouveaux venus de s'éloigner. L'un d’entre eux se retourne. C’est Frère Andrew, qui implore l’agent de ne pas faire de mal à Marty. Scully ordonne de nouveau au groupe de se retirer. (En anglais, elle répète «Step away»; en français, on lui fait dire «Laissez-moi voir», ce qui est beaucoup moins fort.) Mais de toute évidence, Frère Andrew exerce encore une emprise sur elle. Il s’approche lentement de Scully. Celle-ci baisse son arme. Juste à ce moment, Mulder sort à son tour de l’hôtel et crie son nom. Scully se retourne et Frère Andrew en profite pour la frapper durement au visage. Alors que Mulder court vers elle pour lui porter secours, les hommes en noir disparaissent en emportant Marty.

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Un peu plus tard. Mulder et Scully pansent leurs blessures en buvant un café. Un agent les avertit que le quartier a été bouclé et qu’il y a des barrages sur toutes les routes jusqu’à Steveston. Malgré cela, impossible de retrouver les fuyards. Il n’y a qu’un seul endroit où ils ont pu aller, commente Mulder.

Le lendemain, en plein jour, deux véhicules à quatre roues motrices remplis de policiers parviennent au village des Âmes Sœurs. Mulder et Scully sont de l’expédition. On fouille l’endroit, mais les bâtiments sont vides. Le passage sous la grange a même été muré. Scully s’exclame: «Je n’y comprends rien. Comment ont-ils pu s’enfuir? Ils n’avaient aucun moyen de transport.» «Aucun moyen de transport terrestre», précise Mulder. Les deux agents courent vers un des champs qui entourent le village. Au milieu de ce champ, ils trouvent un mystérieux agroglyphe rond, qui laisse supposer qu’un vaisseau spatial s’est posé là.

Juillet 2009