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Il est près d’une heure du matin, dans une forêt près de Townsend au Wisconsin. Une explosion retentit au milieu des arbres, puis le feu prend. Non loin de là, un policier, le capitaine Wright, arrête son véhicule de patrouille et appelle le bureau du shérif pour signaler l’incendie, mais la communication est mauvaise. Wright sort de sa voiture et se dirige à pied vers le lieu du sinistre.

Au même moment, au Centre de surveillance aérienne de Cheyenne Mountain (Colorado), le lieutenant Taylor prévient son officier supérieur, le colonel Calvin Henderson, qu’un engin volant non identifié a été repéré à 23h17. Sa collègue, Karen Koretz, confirme qu’il ne peut s’agir ni d’un avion ni d’un missile. Selon toute apparence, le mystérieux engin se serait écrasé au sol à l’ouest du lac Michigan, près de Townsend, à une vitesse de 800 miles à l’heure (en français, on dit 900 km/h), après avoir parcouru une trajectoire des plus erratiques. Le colonel Henderson «rectifie» les faits et impose d’autorité une version officielle à ses subalternes: ce qu’on vient de détecter là n’est pas autre chose qu’un météore, dont les déplacements aberrants ne sont attribuables qu’à une défectuosité des instruments de repérage. Tout de suite après, Henderson s’isole pour entrer en communication avec le haut commandement militaire. Il confirme l’arrivée d’un «ange déchu» (fallen angel) et réclame le déclenchement immédiat de «l’opération Faucon».

Toujours la même nuit, dans la forêt de Townsend, le capitaine Wright fouille les alentours en s’éclairant avec sa lampe de poche. Il est inquiet, car il sent une présence rôder autour de lui. Grâce à un effet de caméra subjective, on voit un moment la scène à travers un regard étrangement déformé. Ce regard, on le devine, c’est celui d’une créature extraterrestre qui a échappé au crash et qui reste invisible, grâce à ce qui est sans doute un genre de camouflage. Soudain, la créature s’élance à grande vitesse sur Wright qui se met à hurler, tandis qu’une puissante lumière blanche l’enveloppe.

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Dans une chambre de motel de Townsend, l’agent Fox Mulder s’apprête à partir en expédition dans la forêt. L’indication temporelle montrée en sous-titre — 00h57, le premier jour — est fautive, puisqu’elle est identique à celle du prologue et que cette scène ne peut avoir lieu que le lendemain. En effet, un reportage télévisé annonce que les 12 000 habitants de la ville de Townsend ont dû être évacués à la suite d’un déversement de matériel toxique, «accident» sur lequel les autorités semblent cependant vouloir rester assez vagues.

Tout en vérifiant son équipement, Mulder se remémore la teneur d’un échange qu’il a eu durant la journée avec Deep Throat, son mystérieux informateur. C’est lui qui a mis l’agent au courant du crash et du déclenchement de l’opération Faucon. Selon Deep Throat, le colonel Henderson, l’officier chargé de l’opération, est un spécialiste de la «récupération» (en anglais, on dit reclamation); durant la Guerre froide, sa tâche consistait à s’assurer que les secrets technologiques des avions américains abattus ne tombent pas entre les mains des Soviétiques. Henderson est un homme qui agit vite et qui nettoie tout sur son passage. Dans 24 heures, affirme Deep Throat, ce sera comme si rien ne s’était passé. Il n’en faut pas davantage pour que Mulder se précipite à Townsend. Mais il part seul cette fois, sans sa partenaire.

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Mulder court dans la forêt avec son sac à dos. La scène où il se préparait dans sa chambre de motel se déroulait la nuit. Il fait clair maintenant. Mulder atteint enfin une zone circonscrite par les militaires de l’opération Faucon et dont le périmètre est maintenant protégé par une enceinte de rayons laser. Tout près de là, un camion rempli de soldats s’arrête à un poste de contrôle sur la route. Caché dans les bois, Mulder observe ce qui se passe.

Un peu plus tard, le même camion arrive au quartier général de l'opération Faucon, un camp militaire aménagé près de la forêt. Le colonel Henderson accueille assez sèchement les nouveaux venus, car ils ont du retard. Il leur donne l'ordre d'aller quérir des munitions, car, contrairement à ce qu'ils ont pu croire, les troupiers n'ont pas été appelés pour un simple exercice. Une fois qu’ils sont partis, on voit Mulder sortir de sous le camion, où il a manifestement réussi à se faufiler sans être vu. Et, toujours invisible, il arrive à quitter le camp pour entrer de nouveau dans la forêt. Cette fois cependant, il se retrouve à l'intérieur de la zone interdite. Il fait nuit de nouveau.

Mulder se dirige vers une grande lumière blanche. C'est le site de l’écrasement, fortement éclairé par des projecteurs. On voit des hommes revêtus de combinaisons protectrices arroser d’une sorte de vapeur blanche les débris brûlants du vaisseau. Mulder s'approche le plus discrètement possible pour prendre des photos. Mais un soldat en patrouille le repère et l'assomme par derrière.

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Quand Mulder se réveille, Henderson est en train d'exposer à la lumière la pellicule de son appareil photo. «Vous venez de faire la plus grosse boulette de toute votre vie, agent Mulder», dit le colonel. Il se fait menaçant, accuse l’agent d'avoir mis la vie de ses hommes en danger et d’avoir commis un crime fédéral en violant une quarantaine. Puis il lui suggère fortement d'oublier ce qu'il a vu, ou ce qu’il croit avoir vu. Les militaires de l'opération Faucon n'étant sans doute pas aussi bien équipés que leurs collègues de la base d'Ellens (dans Deep Throat), personne ne suggère d'administrer au délinquant un produit qui l’aiderait à perdre la mémoire. Au lieu d’user de diplomatie, Mulder se fait cinglant et provocateur. Il y a un vaisseau qui s’est écrasé, proclame-t-il, et si Henderson est venu ici avec des soldats armés, ce n’est pas pour protéger mère Nature!

Le colonel fait enfermer Mulder dans une sorte de cage à poules grillagée. C'est là que l'agent fait la connaissance d'un très curieux personnage, un jeune fanatique des OVNI. C'est un blond aux cheveux longs et aux petites lunettes rondes. Il s’appelle Max Fenig. Il a été intercepté dans les environs lui aussi, mais avant d’avoir pu apercevoir quoi que ce soit. Il pose des tas de questions à Mulder, notamment sur le groupe d'ufologues auquel il pourrait appartenir: le MUFON, le CUFOS ou encore le CSICOP. Comme l'indique le sigle affiché sur sa casquette, Max, lui, est du NICAP, le National Investigation Committee of Aerial Phenomenons (qu'on a traduit en français, de façon assez incroyable, par «Noyau d'investigation des choses aériennes pas normales»!). Mulder reste sur ses gardes et ne décline même pas son identité. Max prend un air entendu et lui dit qu’il ne lui en veut pas de se montrer méfiant («Trust no one. Very wise.»). Et il ajoute: «Surtout après ce qui est arrivé à JFK!»

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Le lendemain à l'aube, quand la porte de la cage de Mulder s'ouvre, Max n'est déjà plus dans la sienne. Une silhouette sombre s’avance dans la lumière. C'est Scully qui, une fois de plus, vient faire sortir son partenaire du pétrin. La façon dont Mulder l'accueille est moins bête et méchante en version originale («I didn't order room service.»), qu’en traduction française («J'ai pas besoin d'une femme de ménage.»). Scully est furieuse contre lui, car sa dernière «boulette» a fait déborder le vase au FBI. Le chef de section McGrath a désavoué Blevins et menace maintenant de fermer les X-Files et de mettre Mulder à la porte. Celui-ci, buté, continue de prétendre avoir raison. Toute cette histoire de quarantaine n’est qu’un mensonge; il ne peut pas y avoir eu de déraillement, puisqu'il n'y a pas de voie ferrée dans les environs. La vérité, répond Scully, c'est qu'un avion libyen armé d'un missile à tête nucléaire s'est écrasé ici, en plein Wisconsin, que le plutonium s'est répandu dans le sol et qu'on a menti à la population pour ne pas provoquer de panique. Mulder ricane (et nous aussi). Scully s'offusque: «That story happens to be highly classified!» Et Mulder de rétorquer: «A highly classified lie!» (En français, Scully dit «C'est un secret de défense!», et Mulder réplique avec un jeu de mot débile: «Cette histoire-là, je te défends d'y croire!»). Peu importe les interprétations, il apparaît évident que les hommes du colonel Henderson sont à la recherche de quelqu'un, probablement le pilote de l'appareil qui s’est écrasé dans le coin. Reste à déterminer de quelle origine est ce pilote.

La réponse nous est donnée dans la brève scène qui suit. Bien qu'on ne la voie jamais, l’entité mystérieuse qui se déplace dans la forêt a beaucoup moins l’allure d’un pilote libyen que du terrifiant chasseur extraterrestre du film Predator, quand il revêt son camouflage optique. La créature s'arrête soudain devant les laser clôturant le périmètre, puis elle franchit l’enceinte à grande vitesse, traverse la route et entre de nouveau dans la forêt de l'autre côté.

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En retournant au motel où Mulder a pris une chambre l’avant-veille, les deux agents continuent d’argumenter. Une audience disciplinaire doit avoir lieu le lendemain matin à Washington. C'est la seule chance qui reste à Mulder de plaider sa cause. Mais ce genre de détail n’arrête pas le héros qui annonce à une Scully désespérée qu’il entend rester ici, à Townsend, aussi longtemps que possible, afin de poursuivre son enquête sur cette affaire de crash.

À leur retour au motel, les deux agents constatent que la chambre de Mulder a été mise à sac. Le coupable est encore sur les lieux, car on entend du bruit dans la salle de bain. En fait, il s’est coincé dans le cadre d’une fenêtre en voulant s’enfuir. Mulder le sort de là en le tirant par les jambes, tandis que Scully le tient en joue avec son revolver. Ce n’est pas un cambrioleur, ni un inquiétant homme en noir, mais Max Fenig, le compagnon d'infortune de Mulder la nuit précédente. Le jeune homme paraît piteux. La seule excuse qu’il fournit pour expliquer la fouille chaotique et peu discrète à laquelle il vient de se livrer est qu’il voulait être certain d’avoir affaire à Fox Mulder. Max apprend en effet aux agents qu’ils sont connus tous les deux dans les milieux ufologiques. Le NICAP, l’organisation à laquelle appartient Max, suit la carrière de Mulder à travers ses notes de frais, que la loi rend disponibles au public. Il prétend avoir reconnu Mulder dans sa cage, durant leur captivité, grâce à une photo publiée dans un journal du FBI. Il dit aussi avoir lu un article publié par lui, sous pseudonyme, dans le magazine Omni. Devant un personnage aussi déroutant, la pauvre Scully paraît complètement éberluée. D’autant plus qu’en la voyant, Max s’est exclamé: «Alors, vous devez être l’énigmatique agent Scully?»

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Le jeune homme conduit les deux agents à la roulotte où il habite. Celle-ci, par une curieuse coïncidence, se trouve stationnée dans le parking du même motel. L’intérieur de la roulotte est encombré d’appareils de haute technologie, ainsi que d’objets et d’images reliés aux OVNI. Pendant que Mulder et lui discutent ufologie, Scully découvre des flacons de médicaments appartenant à Max. Sur l’un d’eux, il est écrit Mellaril. Max montre ensuite aux agents son récepteur d’ondes haut de gamme, le Wolf 2000 (Wolf Ear 2000 en version anglaise). C’est grâce à cet appareil qu’il a pu capter l’appel du capitaine Wright, la nuit de l’écrasement. Il fait entendre une autre communication, interceptée trente-cinq minutes plus tard, celle de pompiers envoyés sur les lieux. On entend ces hommes s’affoler et demander une ambulance de toute urgence.

Au QG de l’opération Faucon, le colonel Henderson s’entretient au téléphone avec un général. «Il n’a pas une chance de s’échapper», assure-t-il, en parlant sans aucun doute du pilote recherché.

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La scène se transporte ensuite au lycée de Mill Road, le soir suivant, à 18h27. L’endroit sert de refuge aux habitants de Townsend qui ont été évacués. Mulder et Scully viennent y rencontrer l’épouse de l’officier Wright, une jeune femme accompagnée de son garçon. La dame ne veut rien dire aux agents. Son mari est mort et on n’a même pas voulu lui remettre le corps. Sur l’insistance de Mulder, elle finit par avouer qu’on l’a menacée de perdre sa pension de veuve si jamais elle parlait à qui que ce soit. Soudain, l’électricité manque et l’on entend un vrombissement.

Au même moment, dans un endroit désigné comme la US Microwave Substation B21 (en français: Substation Radio B21), le colonel Henderson et ses hommes reçoivent un signal strident de très haute fréquence. Un équipement de repérage à infrarouge a permis de traquer le mystérieux pilote. Celui-ci semble être sorti de la forêt, car c’est sur une sorte de large terrasse de béton que les militaires tentent de le cerner. Qu’on le trouve et qu’on le détruise, ordonne Henderson («Search and destroy!»). Les soldats s’avancent, ratissent les lieux, mais ne voient rien. Bientôt, c’est leur proie qui, toujours invisible, se fait prédatrice. Les soldats sont brusquement submergés par une vive lumière blanche, comme l’a été Wright dans le prologue.

À 23h42, à l’hôpital régional de Townsend, Mulder tente d’interroger le docteur Oppenheim, un médecin qui a traité Wright et les pompiers. L’homme se monte récalcitrant, invoquant que les agents n’ont pas de mandat. Mulder l’apitoie en lui disant que la femme et le fils de Wright ont le droit de connaître la vérité. Puis, un peu plus brutalement, il lui demande à quelle menace les autorités ont dû recourir pour l’obliger à garder le silence. Lui retirer sa licence? Un contrôle fiscal? Oppenheim cède, déclarant haïr ceux qu’il appelle les «fascistes» et qui se croient tout permis. Les patients qu’on lui a amenés, dit-il enfin, étaient brûlés aux 5e et 6e degrés, sur 90 % de la surface de leur corps (80 %, dit-on en français). Les militaires ont emporté les corps avant qu’il n’ait pu les examiner. Scully lui pose alors une question technique sur la raideur cadavérique causée par les brûlures et Oppenheim s’étonne de ses connaissances. Elle lui révèle candidement qu’elle a fait sa résidence en médecine légale (en traduction, on parle d’une «maîtrise d’État sur la pratique médico-légale»). Mulder demande à son tour à Oppenheim si les brûlures auraient pu être causées par une irradiation intense. C’est possible, répond le médecin. Il pourrait s’agir de brûlures similaires à celles des victimes d’Hiroshima, en 1945, ajoute Scully — qui en profite pour revenir à la charge avec son histoire de missile nucléaire libyen. Mulder lui réplique que les X-Files font mention de cas de brûlures similaires, mais provoqués par une exposition à des engins spatiaux.

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Sur ces entrefaites, voilà que de nouvelles victimes sont amenées d’urgence à l’hôpital de Townsend. Ce sont les militaires que l’extraterrestre invisible a agressés sur la terrasse. Ils paraissent tous avoir été cruellement brûlés. Henderson les accompagne, raide, digne et bouillant de frustration. En passant devant Mulder, il lui lance un regard de défi. Pendant que le personnel médical commence à examiner les blessés, Mulder se précipite vers Henderson pour lui demander ce qui s’est passé. Il lui reproche de traquer comme une bête le mystérieux fuyard, ce qui oblige ce dernier à se défendre. Le colonel n’a évidemment aucune envie de discuter de ces choses-là avec Mulder et veut faire chasser les agents. Mais Oppenheim lui tient tête. «Ici, c’est moi qui donne les ordres», affirme-t-il. Pour soigner les hommes d’Henderson, il requiert l’assistance du docteur Scully. Celle-ci accepte héroïquement de rester à l’hôpital pour prêter main-forte à l’équipe médicale. Par contre, Mulder est obligé de quitter les lieux.

Pendant que Scully passe la nuit à tenter de sauver la vie des malheureux militaires, Mulder retourne chez Max (où il fait jour!). Il retrouve le jeune homme étendu par terre dans sa roulotte, pris d’étranges convulsions. Quand il reprend conscience, Max explique qu’il souffre d’épilepsie depuis l’enfance, mais qu’il n’a pas fait de rechutes depuis sept ans, grâce aux médicaments qu’il prend. Les médecins lui ont dit que c’est un coup à la tête qui a pu en être la cause, bien que Max lui-même ne se rappelle pas s’être frappé. Quand il était plus jeune, il avait des absences et se réveillait souvent à différents endroits, sans savoir comment il avait pu arriver jusque-là. Après avoir raconté son histoire, il ressent une irrésistible envie de dormir. Mulder l’aide à s’étendre sur son lit. C’est alors qu’il remarque une cicatrice bizarre en forme de V à l’arrière de l’oreille droite de Max.

De retour à sa chambre, Mulder consulte des dossiers X-Files qu’il semble avoir pris la précaution d’apporter avec lui. On y parle de cas présentant une cicatrice semblable à celle de Max. Scully vient le rejoindre en soupirant. Elle dit avoir passé une nuit épouvantable à l’hôpital. Tous les soldats sont morts, sauf deux. Scully rappelle aussi à Mulder qu’ils ont un avion à prendre dans une heure pour Washington. Mais Mulder a l’esprit ailleurs. Il parle de la cicatrice de Max. Il sort aussi de ses dossiers les photos de deux femmes qui ne se connaissaient pas l’une l’autre, prétendaient avoir été enlevées par des extraterrestres et portaient elles aussi une cicatrice du même type (mais derrière l’oreille gauche). Scully laisse voir son scepticisme. Max prend des drogues «hallucinogènes» (antipsychotic drugs, en anglais, donc un tranquillisant majeur), déclare-t-elle, notamment le Mellaril, un médicament qui sert à traiter la schizophrénie. Bref, selon elle, Max «est fou à lier». Sauf que, rétorque son partenaire, ce n’est pas Max qui prétend avoir été enlevé par extraterrestres, mais Mulder lui-même qui en est convaincu. Il demande à Scully d’examiner la cicatrice. Elle consent à faire un saut chez Max en se rendant à l’aéroport, mais à la condition que Mulder fasse d’abord ses valises.

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Au Centre de surveillance de Cheyenne Mountain, Karen Koretz, déjà vue dans le prologue, signale une nouvelle percée dans la grille de surveillance de l’espace aérien, au même endroit que celui du crash. On s’empresse de lui rappeler que ce qu’elle a repéré n’est pas un engin, mais un météore. D’accord, dit-elle, mais ce «météore», qui est plus grand que le premier, est en train de planer au-dessus d’une petite ville du Wisconsin!

Pendant ce temps, l’invisible pilote en cavale se pointe devant la roulotte de Max. La caméra passant en vision subjective, on comprend que c’est lui ou peut-être son «esprit» qui y pénètre en passant à travers le toit (!). Une fois à l’intérieur, il repère l’endroit où Max dort, puis il se précipite vers lui. L’oreille droite du jeune homme se met à saigner. Max ouvre les yeux, mais son visage demeure inexpressif.

Quand Mulder et Scully entrent à leur tour dans la roulotte, Max n’est plus là. On aperçoit une trace de sang sur la couchette. Mulder surprend une communication entre militaires, grâce au récepteur de Max qui est resté allumé. Il semble qu’un intrus a été identifié sur un quai du lac Michigan (en français, on n’entend que du charabia). Mulder veut s’y rendre, malgré les objurgations de Scully, qui rappelle qu’ils ont un avion à prendre. Il est fébrile, car il vient de comprendre que si Max a intercepté le message de Wright, la première nuit, c’est qu’il se trouvait déjà à Townsend. Pour lui, Max est un nomade qui a été «appelé» ici. Il a déjà été enlevé par des extraterrestres, et c’est ce qui explique ses obsessions. Mulder croit que Henderson l’a compris, lui aussi. Résignée, Scully tend à son partenaire les clés de la voiture.

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Sur le quai au bord du lac Michigan, Max, haletant, court en titubant légèrement, une main sur l’oreille. Une jeep arrive et deux militaires s’apprêtent à appréhender le «suspect». Max les supplie de n’en rien faire («Non! Vous êtes dingues!»). Par radio, Henderson enjoint lui aussi ses hommes de n’approcher Max qu’avec précaution. Trop tard. Quand Mulder et Scully arrivent sur les lieux, ils ne trouvent que les corps fumants des deux militaires. Max a disparu.

Des cris attirent l’attention des agents vers un hangar tout près. Max est à l’intérieur, assis par terre, en train de délirer. «Ils sont venus pour moi», gémit-il. On entend le bruit d’un hélicoptère. Mulder envoie Scully en reconnaissance. Mais une fois à l’extérieur, elle est appréhendée par les soldats de Henderson qui cernent maintenant le hangar. Leur capteur à infrarouge leur permet de dire qu’il y a trois êtres vivants à l’intérieur. Scully ne comprend pas. Quand elle est sortie, il n’y avait que Max et Mulder dans le hangar.

Le troisième être vivant repéré par le capteur est le pilote invisible, qui s’élance maintenant vers Max et Mulder. Mais au lieu de leur servir son feu d’artifice habituel, il projette Mulder dans les airs et entraîne Max avec lui. Quand Mulder se relève, il aperçoit Max inondé de lumière blanche, suspendu dans les airs, comme en apesanteur. Son corps, d’abord immobile, entre bientôt en convulsions, comme lors de ses crises d’épilepsie.

Le capteur des militaires ne détecte plus maintenant qu’une seule présence vivante dans le hangar. Henderson fait sauter la porte et envoie ses hommes investir les lieux. Max et l’extraterrestre semblent s’être évaporés. Il ne reste que Mulder qui, un peu dépité, ramasse la casquette de Max, tombée par terre. À Henderson qui entre à son tour, l’agent dit: «Ils l’ont eu avant nous. Ils nous ont battus, colonel.»

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Le jour suivant, à Washington, se tient l’audience disciplinaire de Mulder, présidée par le chef de section McGrath. Celui-ci interroge d’abord Scully. Ses questions sont très précises et visent à confirmer que Mulder ne fait jamais rien dans les règles. Scully tente de justifier la conduite de son partenaire, mais on ne l’écoute pas.

Quand elle sort, Mulder l’attend dans le corridor. Il se déplace maintenant avec des béquilles, sans doute une séquelle du bond spectaculaire que lui a fait faire l’extraterrestre dans le hangar. Devant Scully, Mulder joue la victime résignée: le bruit qu’on entend, dit-il, c’est celui de l’échafaud qu’on est en train de dresser pour lui sur la place publique. Mais quand il entre à son tour dans la salle d’audience, c’est pour entreprendre un match de prise de bec avec McGrath. Mulder défend son point de vue avec énergie, laissant du même coup à la postérité quelques-unes de ses citations les mieux senties: «On ne combat pas des mensonges portant l’estampille gouvernementale» («How can I disprove lies that are sealed with an official stamp?»), et «Aucune loi, aucun gouvernement sur terre n’aura jamais le droit ne manipuler la vérité» («No one, no government agency has jurisdiction over the truth»). Mulder informe aussi ses juges qu’une ancienne radiographie crânienne de Max Fenig a révélé la présence d’un implant. McGrath lui apprend alors que, selon le colonel Henderson,  Max Fenig est mort et que son corps a été découvert sur le quai. Pendant que Mulder passe au hachoir, Scully l’attend dans le corridor. Elle parcourt un article de journal annonçant que les citoyens évacués de Townsend ont pu regagner leurs habitations.

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Quelques jours plus tard, à l’extérieur d’un édifice qui est probablement le siège social du FBI à Washington, le chef de section McGrath rencontre Deep Throat seul à seul. McGrath est furieux, car l’autre a annulé la décision qu’il avait prise concernant Mulder. «Nous pouvions enfin le coincer», rugit-il. Mais Deep Throat, toujours débonnaire, lui donne une leçon de sagesse politique. «Nous savons l’un comme l’autre que le travail de Mulder, sa singulière passion, pose en quelque sorte à ce bureau un épineux dilemme. Mais je crois que son insubordination occasionnelle est en quelque sorte beaucoup moins dangereuse (…) que de l’emmener à dévoiler tout à coup au public ce qu’il sait.» Puis il rectifie: «Ce qu’il croit savoir!»

Pour conclure, Deep Throat montre qu’il a des lettres en citant cette célèbre maxime du film The Godfather: «Vous pouvez garder vos amis à distance, M. McGrath, mais gardez vos ennemis à vos côtés.» («Always keep your friends close, Mr. McGrath... but keep your enemies closer.»)

Novembre 2008